L'INVITÉ CLASSIQUE DE BLAH BLAH THEMA

RENE AUBRY

"HYMNE À L'AMOUR"

René Aubry : un nom bien sonnant, tout en simplicité.
Il en va de même pour sa musique.
Tranquillement, cet artiste discret s'est fait une place bien à part
sur l'échiquier discographique où ses
musiques de scène font figure
de pièce maîtresse.
Avec Plaisirs d'amour, le fou devient roi.

Ma biographie, c'est ma discographie, je suis un autodidacte complet : je fabrique la musique en même temps que je la compose. Le dernier album a été composé à la guitare, sinon je compose au clavier. je suis assisté par l'informatique, mais je ne suis pas un technicien pour autant. Aujourd'hui, le disque dur a remplacé le magnétophone. J'aime travailler le son avec les échantillonneurs, mais J'ai peut-être trop utilisé l'ordinateur pour ne pas retourner à des choses plus acoustiques.

Une nouvelle musique pour la danse

A quinze ans, j'ai acheté une guitare et j'ai commencé à jouer, comme tout le monde! J'ai appris avec des tablatures parce que je ne savais pas lire la musique. J'étais dans les Vosges, je suis venu à Paris pour devenir musicien, mais c'était plus dur que ce que j'avais imaginé. Alors j'ai fait différents petits boulots, souvent dans le théâtre et les spectacles. J'ai été engagé sur une tournée de Carolyn Carlson comme régisseur et j'ai découvert le monde de la danse. Une nouvelle musique, purement instrumentale, s'est offerte à moi à cette occasion. Carolyn travaillait à l'époque avec John Surman et sa musique m'a profondément marqué. J'ai fait écouter mes maquettes et tout est parti de là : ma première musique pour Carolyn date de 1978, de nombreuses autres ont suivi. J'ai passé trois ans à Venise avec elle, pour trois nouvelles créations. A mon retour à Paris est sorti mon premier disque, un auto-produit. je le vendais à la fin des spectacles et à la Fnac. Un deuxième vinyl s'est vite transformé en CD, Libre-parcours, qui marquait également le début de ma collaboration avec Philippe Genty.

Plaisirs d'amour

Je n'avais jusqu'à présent pas eu le temps de me consacrer pleinement à "ma" musique. Il y avait toujours un support derrière : un spectacle. A chaque fois, J'ai pensé qu'il y avait suffisamment de matière, même dans mes deux musiques de films, pour faire un album cohérent. A chaque fois, j'ai réarrangé, remixé, retravaillé les morceaux pour que le disque forme un tout, qui peut s'écouter sans support. Il y a trois ans, pour la première fois, j'ai pu dégager assez de temps pour me consacrer uniquement à un album personnel. Plaisirs d'amours est le fruit de plusieurs mois de travail et le reflet de mon état d'esprit, de ma vie, pendant cette période. C'est aussi le retour volontaire à la guitare. Le ton est volontiers intimiste, simple, classique. Mes mélodies sont moins répétitives qu'à mes débuts, je me suis même permis de reprendre une chanson de Brassens, Le Vent. J'ai envie d'inclure systématiquement des musiciens à mes morceaux, de pouvoir les jouer en concert avec un petit groupe acoustique. Mais ce n'est pas toujours facile. Si j'ai une nouvelle musique de film à composer, il y a de fortes chances que je réactive mes samplers. je fabrique moi-même mes échantillons sonores et j'aime travailler la matière sonore ainsi créée.

Propos recueillis par Bertrand Dermoncourt

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