BIOGRAPHIE
Dernier album:
"Rock de Chambre"
(Extrait audio: "Picnic Music")
(Quicktime - RealPlayer)
CRÉATION MUSICALE DE JEAN PHILIPPE GOUDE
Cette "CRÉATION MUSICALE"
a été interprétée pour la première fois, par l'Orchestre National de Bretagne à l'Opéra de RENNES
Ouest France, édition de Rennes
le 6 juillet 2005
"Une ouverture » qui tient ses promesses"
L'un des premiers événements annoncés des Tombées de la nuit 2005 était « Une ouverture », une création de Jean-Philippe Goude. Elle a fait l'ouverture du festival avec talent, dans un Opéra bien rempli. Le public a visiblement apprécié.
Jean-Philippe Goude a d'abord donné « Musiques de l'instant » dans une version orchestrale. Ce travail pour formation réduite ne gagne pas grand-chose à être interprété par un grand orchestre, mais le résultat est du moins fort agréable à entendre. Il s'agit de variations, plutôt enlevées, sur des cellules rythmiques, le continuo étant le plus souvent assuré par les cordes. L'oeuvre est sous influence (Stravinsky, les minimalistes américains, etc.), Jean-Philippe Goude ajoutant sa légèreté de plume et son sens de la mise en place. Bruno Fontaine, soucieux de fluidité mélodique et de précision rythmique, bien sûr, conduit un orchestre de Bretagne qui paraît très à l'aise, très souple dans son jeu.
En écoutant, plus tard, « Une ouverture pour clarinette et orchestre », on se dit que Jean-Philippe Goude a apporté de la complexité dans son travail et que c'est fort intéressant. Sur le thème du deuil (déni, colère, négociation, dépression et acceptation), il a écrit une oeuvre dense et énergique, où le cri et l'humeur sombre ne sont que ponctuels. Le discours de la clarinette est varié, tour à tour lyrique, volubile, puissant, tendu, à peine audible... De la belle ouvrage, magnifiée par le soliste Paul Meyer, que l'on a déjà entendu plusieurs fois à Rennes et qui ne cesse de confirmer son grand art. Bruno Fontaine dirige avec savoir-faire l'orchestre de Bretagne, qui passe d'un climat à l'autre sans difficulté apparente, avec une homogénéité et une musicalité constantes.
Paul Meyer aura surpris en dirigeant un « Concerto pour piano n° 20 » de Mozart qui coupe en deux la « soirée Goude », un peu bizarrement. L'orchestre de Bretagne, à son affaire, se laisse guider par un Paul Meyer plein d'aisance et de finesse dans cet exercice. En revanche, Bruno Fontaine devenu pianiste joue à fond la carte du brio. C'est impressionnant, certes, mais il y a place aussi dans ce concerto pour l'allégresse, la fantaisie, la sensibilité...
Gérard PERNON
JEAN PHILIPPE GOUDE
CREATION À L'OPÉRA DE RENNES
LES 5 ET 6 JUILLET 2005(UNE) OUVERTURE
POUR CLARINETTE ET ORCHESTREDepuis longtemps, j'avais le projet d’écrire une musique sur les cinq phases du travail de deuil: le Déni, la Colère, la Négociation, la Dépression et l’Acceptation. Quand Jean-Marc Bador, directeur de l’Orchestre de Bretagne, et Claude Guinard, directeur des Tombées de la Nuit, m’ont commandé une création, je leur ai rapidement soumis ce projet ainsi que de proposer la direction à Bruno Fontaine et la partie soliste à Paul Meyer.Ces cinq phases sont un vrai sujet, tellement central dans notre vie que je m'étonne qu'aucun compositeur ne s'en soit saisi. Tenter une description, forcément subjective, de ce chemin intérieur et inévitable si on veut "faire son deuil" (rendre possible une ouverture à la vie après l’épreuve d’une disparition) dépasse la question de la mort : il s’agit de la confrontation à la perte en général. Le processus de la vie nous conduit aux renoncements, ceux-ci peuplent nos jours, à tous, inlassablement, quotidiennement. Poussés d’un coté par notre énergie vitale (celle qui nous interdit d’abandonner), il nous faut de l’autre les affronter, des plus minimes aux plus cruels. Ou se perdre dans la fuite…
En exergue de " La Divine Nature des Choses ", la citation (*) de Marguerite Yourcenar en parlait si humainement. Dans le fond, cette réalité a toujours sous-tendu mon travail et il n’y a pas de discontinuité entre mes musiques précédentes et " (Une) Ouverture ". L’aventure de cette création allait se situer ailleurs. D’abord dans l’instrumentation car il s’agit de ma première partition pour instrument soliste et orchestre, donc une répartition radicalement différente des rôles entre les instruments. Contrairement à la musique de chambre où les instruments dévoilent leur intimité feutrée tels des personnages dont les voix se croisent et se superposent, ici dans ce projet, instinctivement la clarinette devait tenir le rôle d’un "Je", sujet à la 1ère personne du singulier, cernée par les "Éléments" à la charge de l'orchestre.
Puis il me fallait aborder la question des dimensions. Comment accorder le format court que j’affectionne tant, avec la dramaturgie de ce cheminement? Pour la première fois j’allais développer cinq étapes, cinq mouvements réunis dans un seul élan dont la courbe déterminerait la durée globale: une grande forme.
Enfin l'aspect "esthétique", dans le sens d'élaborer "plastiquement" ou intellectuellement des constructions sonores n’a jamais pu me suffire et mon propos a toujours été de m'engager le plus sincèrement, au plus profond. Seul m’importait l’humain face à l’insondable confrontation à la perte, à l'absence abyssale de sens où elle peut nous abandonner, dès lors que la Croyance ne nous suffit plus…
Il se trouve qu'aujourd'hui voit le retour des déferlements religieux sur notre petite planète, intégrismes de toutes confessions, de tous intérêts, réunis par l’aveuglement et la folie. L'inhumanité en point de fuite.
Refuser de subir, ne serait-ce que par notre activité, c'est être en vie, ici, sur terre.
(*) "Quand on aura allégé le plus possible les servitudes inutiles, évité les malheurs non nécessaires, il restera toujours, pour tenir en haleine les vertus héroïques de l'homme, la longue série des maux véritables, la mort, la vieillesse, les maladies non guérissables, l'amour non partagé, l'amitié rejetée ou trahie, la médiocrité d'une vie moins vaste que nos projets et plus terne que nos songes: tous les malheurs causés par la divine nature des choses."
Marguerite Yourcenar - Mémoires d'Hadrien
© Éditions Gallimard
. MUSIQUES DE L'INSTANT .
Reprises pour Orchestre- PRÉSENTATION -
En première partie de " (Une) Ouverture ", j'ai proposé de revisiter certaines pièces de mes précédents CD.
Plus qu'un travail d'orchestrations, la première partie du concert sera un nouveau regard sur mon travail de ces dernières années.
La phase de création d'une musique commence en général par une bribe musicale qui s'invite au détour de mon inattention... Puis vient le travail, sorte de corps à corps dont l'issue (si elle est favorable) m'amène à la phase de "polissage". C'est le temps de la familiarisation avec ce nouveau venu, d'acceptation de ce nouvel intrus suivi de son cortège de questionnements et de doutes. Qui es-tu? Peux-tu vraiment exister en l'état? À partir de quand dois-je me résoudre à abandonner notre confrontation, à t'accorder ton autonomie?
Quand arrive l'instant où l'intuition finit par me suggérer qu'il a enfin trouvé là un équilibre envisageable, alors nos chemins peuvent se séparer.
Entre l'écriture originelle de ces pièces et aujourd'hui, un laps de vie s'est écoulé qui m'incline vers d'autres horizons. Un éclairage différent appelle d'autres points d'achèvement pour ces pièces à l'occasion de ces retrouvailles. Ainsi je les ai reformulé et développé comme un prélude à la troisième partie de ce concert: un élan vers une nouvelle ouverture musicale.
. Jean-Philippe GOUDE
" Vies actives / vie fictive " (2001)
" Cellui au coeur vestu de noir " (1996)
" total Balthazar " (1996)
" La dernière marche " (2001)
" Allemande " (1992)
" Sic transit gloria mundi... " (1994)
" Groove pragmatique " (1992, création)
" Picnic music " (2001)
" Là où les mots nous laissent " pour clarinette et piano (2005, création)
(pour Paul Meyer et Bruno Fontaine)
Bureau de Presse Marianne LAUNAY Tél: 01 40 39 00 34 / 38 - Fax: 01 40 39 00 54
2004
"ROCK DE CHAMBRE"
Une Création Musicale
Par l'ENSEMBLE "JEAN PHILIPPE GOUDE"
Extrait video - Rennes (728 ko) Extrait video - Rennes (1,1 mo) Extrait video - Rennes (476 ko) Extrait video - Rennes (768 ko) (Extrait video - Rennes (648 ko)"Rock de chambre" est le premier concert-spectacle de J.Ph.Goude, qui interprête en acoustique certaines des pièces maîtresses de son répertoire, dans un univers imaginé par le vidéaste Alain Escalle
L'Ensemble est composé de:
Éric Lamberger: clarinettes
Gilbert Audin: basson
Hervé Cavelier: violon
Miwa Rosso: violoncelle
Benoît Dunoyer de Segonzac: contrebasse
Éric Ferrant-N'kaoua: piano
J-Ph Goude: synthétiseur
Images et projections vidéo géantes par: Alain Escalle
du 3 juin 2004,
propose en ligne un article très intéressant,signé par Jean Marc Grosdemouge,
sur le concert de Jean Philippe Goude, au Café de la danse.
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"ROCK DE CHAMBRE"
par Robert BRIATTE
Avec "Rock de chambre", le théâtre baroque de Jean Philippe Goude s'anime de couleurs nouvelles, ses personnages favoris - entendez par là ses instruments de prédilection - font résonner une voix différente. A l'instar du promeneur s'aventurant d'un pas léger au milieu des ruines ("Picnic Music"), l'air s'électrise, des éclairs métalliques zèbrent le ciel de la mélodie qui prend alors une autre ampleur.Au piano, il revient toujours d'exprimer les sentiments dans leur évidence nostalgique ; aux violons, souvent à l'unisson des instruments à vent, revient la tâche d'exprimer une sensation de plénitude. L'air s'électrise disais-je, s'enrichit d'une matière musicale nouvelle : orages de batterie, assauts de violons, escarmouches électro-acoustiques, bouffées de musique concrète, nappes sonores déchirées... le pique-nique se terminera sous l'orage.
Accueillant la touche de musiciens tels que Paul Meyer, François Salque et Bill Brufort, ou recevant le renfort de Gilbert Audin, Bruno Fontaine, Christophe Grindel et d'autres instrumentistes oeuvrant sous les couleurs de l'Opéra de Paris ou des Arts Florissants, la palette de Jean Philippe Goude s'est considérablement élargie, piquetée de samples, ouverte à la rumeur du monde - avec ces voix étrangères ou connues, issues de cours d'école lointaines ou des murs du Palais Brongniart.
Et certaines séquences minimalistes pourront donner à penser qu'on peut classer dans ce courant essentiellement américain, ce musicien français décidément inclassable."Après m'avoir fait fréquenter le rayon jazz", s'étonne-t'il, "puis celui des "Musiques Nouvelles", les disquaires ont fini par me faire atterrir parmi les compositeurs de musique contemporaine,.... me voici maintenant à côté de Goreki!".
L'on n'oubliera pas non plus, en dépit de l'héritage classique toujours revendiqué, la sensation étrange qui nous saisit avec ces fins parfois suspendues, ces inachèvements volontaires, comme des sursis toujours espérés,... Souvenir peut-être de cette forme de lyrisme abrupt incarné aujourd'hui encore par un musicien comme Robert Fripp.
"Le titre de cet album", précise Jean-Philippe Goude, "est une ellipse, un raccourci entre deux des pôles musicaux qui me passionnent : le classique et le rock. Je n'ai jamais choisi entre l'un et l'autre, et je les ai toujours plutôt aimés et critiqués en même temps. C'est là mon ambivalence, et elle a plané plus que jamais sur le travail d'écriture de ce disque".
La pièce qui précisément lui donne son titre, la troisième par ordre d'apparition à l'oreille, célèbre les noces jusqu'alors inouïes dans la discographie de Jean Philippe Goude du rythme du rock et de l'esthétique baroque. Il introduit en effet la batterie de la manière la plus judicieuse, ni redondante, ni massive, contrepoint grave et martial -avec une pointe d'ironie- à la légèreté du hautbois baroque et des violes de gambe.
Le climat se charge encore, avec l'émotion déchirante de cette douce merveille mélodique qu'est "Immer wieder" (sans fin douleur me peine). Montée en puissance achevée avec "La dernière marche", qui ne marque nullement le pas, bien au contraire, assurément l'un des sommets de ce disque, auquel la course conjuguée des saxophones donne les accents d'une fanfare rock et tragique au point de vous chavirer le coeur.
L'apparent détachement de "La Ligne claire" n'y change rien : voilà l'une de ces ritournelles qui vous retournent les sens, se prolongeant dans le cruel Lieber Hans, un autre de ces orages inspirés traversant l'album, avec ce superbe pont électro-acoustique qui nous amène sur l'autre rive d'une entêtante mélodie.
Cher Hans, buvons à nos peines, buvons à nos joies, immortelle est la douleur et la joie, tenace, s'accroche au souvenir de cette vie qui nous glisse entre les jours sans que nous l'ayons vraiment vécue.
Le divertissement qui suit, "Fonquiétude", ne trompera personne, non plus que les paroles familières venues du fond des coffres-forts oppressants de L'entrain m'égoisse.
Intense et obstinée, "Pensée inique", nous ramène aux répétitifs américains, avant ce "Soliloque" qui pour conclure semble tout reprendre à zéro, l'accordéon de "La Ligne claire" comme le piano de "Immer wieder", mais dans une tonalité plus grave encore si c'est possible.IL y a une infinie violence dans la retenue de cet ultime morceau, dont la chute à dessein nous surprend, et qui nous laisse, légèrement égarés mais heureux - dans un bonheur échappant un instant à la seule gravité - en suspend au-dessus du silence.
Robert BRIATTE
"ROCK DE CHAMBRE"
par
9 Mars 2001
L'envol le plus personnel du joueur de claviers Jean-Philippe Goude - issu de la nébuleuse Magma avant un passage chez Renaud puis des compositions pour des films, la télévision ou la publicité - s'est fait, au début des années 1990, avec l'Ensemble (formation d'une dizaine de solistes dont Paul Meyer à la clarinette, Hervé Cavelier au violon ou le pianiste Bruno Fontaine). Avec parfois l'apport d'autres musiciens, Goude et l'Ensemble privilégient la clarté expressive de certaines mélodies rock ou de grands airs à chanter et s'inscrivent en relation à un certain minimalisme américain dans sa version la plus lyrique (Garrett List). Avec ce nouvel album, Rock de chambre, Goude se montre toujours aussi talentueux avec les cordes (les arrangements pour violoncelles sont somptueux) et les vents (les bois y ont la part belle), fait des écarts vers l'accordéon, le célesta ou la viole de gambe, sans effets d'amoncellement, laisse passer quelques phrases de batterie (Bill Bruford et François Laizeau). Le tout avec une qualité d'interprétation nourrie d'émotion et de tendresse.
Sylvain SICLIER
"LA DIVINE NATURE DES CHOSES"
par ROBERT BRIATTE
On aimerait à l'écoute de ce troisième album de Jean Philippe Goude, se laisser aller au seul plaisir des références, retrouver simplement l'allégresse où flottait délicieusement son précédent opus ("Ainsi de Nous", 1994), ou bien encore l'obscure clarté qui baignait "De Anima" - son premier album paru en 1992 chez HOPI MESA. Le présent ouvrage se situe en fait à la croisée des chemins, entre gravité et lyrisme.
Jean Philippe GOUDE revisite résolument son monde musical, cette "musique de chambre" pour aujourd'hui qu'en l'occurrence il qualifie lui-même de "rock de chambre". Son art s'y révèle plus contemporain et plus émouvant que jamais.
Par la grâce du titre qu'il a donné à son album, Jean Philippe GOUDE place son travail sous l'égide d'Hadrien, empereur romain, homme de pouvoir et de sagesse exceptionnelle, dont Marguerite YOURCENAR, en lui prêtant ces Mémoires apocryphes qu'elle publia en 1951, a décrit le lent cheminement de "la petite âme vagabonde et malléable" qu'il fut au tellus stabilita - le "sol affermi" - de l'homme d'expérience qu'il était devenu.Jean Philippe GOUDE, dans son art comme dans sa vie, a vraisemblablement ressenti lui aussi la "divine nature des choses".
L'âpreté de certaines de ses nouvelles compositions en témoigne. Risquant là la dissonance, ou bien cultivant ailleurs une grande chaleur, presque paradoxale.
C'est qu'il a derrière lui une vie de musicien déjà bien remplie. Etudes classiques, groupes de rock et de jazz, séances de studio, habillage d'antenne,...
Durant ces dernières années, entre musiques de film et musiques de scène (pour Carolyn CARLSON ou Michel PORTAL ...), il a ciselé maints génériques - petites formes qu'il a toujours traitées avec la plus grande élégance. Dans ce travail à façon, il a développé cette faculté rare d'offrir à chaque instant une impression de simplicité et de proximité, presque d'évidence.Une énergie nouvelle ou plutôt dirai-je une énergie retrouvée, s'applique ici à l'interprétation.
Aucun doute en effet : nous avons bien affaire à une musique de groupe, qui ne demande désormais qu'à être jouée en scène. Certes, une complicité grandissante lie le compositeur à ses musiciens, mais elle n'explique pas seule cette évolution manifeste. Jean Philippe GOUDE est né en 1952 : peut-être éprouve-t-il alors une certaine nostalgie pour le "rock progressif" ou le "jazz-fusion" qu'il joua à ses débuts, dans les années 70 ? .. Ce n'est pas vraiment le cas. De ces années généreuses et brouillonnes, où certes l'esprit de sérieux le disputait parfois à la virtuosité, il a gardé surtout le souvenir d'une réelle énergie, et le goût de la sincérité.Un certain dépouillement est aussi à l'honneur dans cet album, ce qui ne saurait nous surprendre, en regard de l'exergue emprunté à Marguerite YOURCENAR. La simplicité et l'humilité, on le sait, sont le résultat d'un long travail. L'essentiel est à ce prix.
Il semble que Jean Philippe GOUDE se soit mis en tête d'éliminer de son discours musical les fioritures superflues. Nombre de morceaux y gagnent ainsi en tension. On est plus près de l'os, plus près du bois, que de la fleur -la "fiore" de l'italienne "fioritura"- et de l'ornement. Mais si notre compositeur a résolu d'aller au bout de son inspiration, contre vents et modes, il ne cultive pas pour autant la mélancolie. A moins que n'existe une forme tonique de la mélancolie. La légèreté par ailleurs, continue à être revendiquée à plus d'un titre. L'instrumentation également se fait plus aventureuse que dans les précédents albums, mêlant les échantillonneurs et les instruments acoustiques, ou le marimba, la viole de gambe, l'orgue de cristal ... Volubiles, comme les plantes du même nom, nombre des compositions présentées s'insinuent en nous, autour de nous. Et voici qu'un beau matin, elles font partie de notre propre univers.
Musiques pour un film imaginaire - ample travelling sur les rails de la mémoires, qui célébrerait la beauté du monde.En ces temps difficiles s'impose à nous la "Divine Nature des Choses". Au-delà de l'évidence première de la musique de Jean Philippe GOUDE, force est de reconnaître qu'elle nous dépasse, qu'elle nous renvoie au tragique souriant et à la douceur des années et des jours. A l'énergie aussi qu'il nous faut puiser dans chaque minute de soleil, dans un regard.
Film imaginaire, disais-je ? Il pourrait bien s'agir du film de notre vie.
Robert BRIATTE
Jean Philippe Goude, revue de presse