MUSIQUE INFO HEBDO

MUSIQUE INFO HEBDO
14 SEPTEMBRE 2001

- ANNIVERSAIRE -
HOPI MESA FIER DE SA PATTE

Spécialisé dans les musiques instrumentales,
Hopi Mesa, est un label atypique, hors des modes et du temps. Il soufflera ses dix bougies en novembre. Musique Info Hebdo dresse le bilan avec son directeur et fondateur, Jacques Marbehant.

"Ma plus grande fierté, c'est d'écouter un disque fait il y a sept-huit ans et de voir que ça "passe" encore, qu'il y a toujours des choses à découvrir", explique Jacques Marbehant. Distribué en France par Wagram, Hopi Mesa fêtera en novembre ses dix années de production discographique (Jacques Marbehant était déjà éditeur lorsqu'il a lancé son label).

L'aventure a commencé en 1991 avec La Révolte des enfants de René Aubry, dont le septième album (pour Hopi Mesa) sortira le 2 octobre. C'est l'artiste le plus prolifique du label, car avec quatre signatures (Jean Philippe Goude, Henry Torgue, Serge Houppin et René Aubry), Hopi Mesa n'a produit que seize disques en dix ans. "Je fais tout tout seul, indique Jacques Marbehant. L'édition musicale, la production et la promotion. Hopi Mesa n'a pas vocation à accueillir des dizaines d'artistes. j'aimerais en accueillir de nouveaux, mais ce doit être de vraies rencontres, comme avec Goude ou Aubry."

S'il ne célèbre pas de manière particulière cet anniversaire symbolique, Jacques Marbehant affiche une réelle satisfaction : "Hopi Mesa a une identité et une personnalité bien définies : quand les gens achètent un disque de Goude, ils se tournent également vers les autres artistes du label. Il y a une vraie "patte" Hopi Mesa."

Export et synchronisation

Avec une moyenne de 30000 à 50000 albums vendus par an et un CA de 2 à 2,50 MF, Hopi Mesa a de beaux jours devant lui. D'une part parce que le label ne se limite pas à la France : il réalise, « depuis toujours », la moitié de son CA à l'export. Mais aussi parce qu'il a su diversifier ses revenus : un tiers du CA provient des ventes de disques, un tiers de l'édition musicale et un tiers de synchronisations. « Un équilibre que nous cherchons à maintenir, avoue Jacques Marbehant. Il n'y a pas de créneaux évidents en radio pour la musique instrumentale. On passe donc par des filières particulières pour faire connaître notre musique. » Vivendi, Dior, Rochas, Usinor, le Cned, ont déjà sollicité le label pour sonoriser leurs campagnes. Tout comme la télévision, pour les génériques du Droit de savoir TF1), d'Un siècle d'écrivains (France 2), etc. "Et aussi . pour des radios, des télévisions étrangères. Ça nous a beaucoup aidés."

Côté disques, René Aubry est l'artiste le plus vendeur avec une moyenne de 35000 à 80000 exemplaires vendus pour chaque album. Pour les autres, le "bon cru" se situe plutôt entre 5000 et 10000 copies. "Ce sont des disques qui vivent sur la durée, ajoute Jacques Marbehant. Sur ce type de musique, la promotion ne se travaille pas sur trois mois. Il m'arrive encore de travailler sur des albums sortis il y a trois-quatre ans."

Un bel exemple de développement d'artistes... sur la durée.

David Querolle

MUSIQUE INFO HEBDO
2 Février 2001

- La vie des entreprises -

Hopi Mesa séduit avec l'imaginaire

La musique instrumentale a son marché et ses opportunités.
Hopi Mesa, label créé par Jacques Marbehant, en apporte la preuve.

Hopi Mesa produit de la musique "sans étiquette". Optant depuis ses débuts pour la musique instrumentale, le label de Jacques Marbehant possède en catalogue René Aubry, Jean Philippe Goude et le duo Henry Torgue et Serge Houppin. Prônant un style musical "entre le classique et les nouvelles musiques", Jacques Marbehant, qui gère seul le label et les éditions Hopi Mesa, a choisi de favoriser un genre musical qui se prête à l'export. Les prochaines sorties concernent le nouvel opus de Jean-Philippe Goude, Rock de chambre, le 7 février, celui d'Henry Torgue et Serge Houppin (Vertiges) le 12 mars, et le prochain album acoustique de René Aubry pour le mois de septembre.

La petite structure, qui se contente humblement mais efficacement d'éditer trois albums par an, affiche des résultats oscillant entre 30000 et 50000 ventes pour chaque référence.
"Nous exportons 50 % de notre production", affirme Jacques Marbehant, un ancien de Polydor et de CBS. Distribués par Wagram, les disques d'Hopi Mesa ont trouvé un public fidèle en Allemagne, en Italie, en Grèce, en Belgique, en Suisse, en Espagne ou encore au Portugal, mais touchent aussi le Japon et les Etats-Unis.

"Nous avons également des ouvertures sur la Hongrie ou la Corée du Sud ", ajoute le gérant du label. Ce succès, qui peut étonner au regard de la quasi absence de programmation de musique instrumentale dans les play-listes des radios, Jacques Marbehant l'explique : "Beaucoup de disques ont été créés au départ pour des ballets ou des pièces de théâtre. René Aubry a beaucoup travaillé avec Philippe GENTY ou encore Carolyn Carlson. La chorégraphe est très connue dans le monde entier, grâce entre autres à son ballet Blue Lady, qu'elle a fait tourner pendant plusieurs années à travers le monde, Cela nous a beaucoup aidé pour démarcher l'export." René Aubry a d'ailleurs remporté une victoire de la musique classique dans la catégorie musique de ballet et chorégraphie, et il a signé la musique du ballet solo Dont Look Back de Marie-Claude Pietragalla (création de Carolyn Carlson), danseuse étoile de l'Opéra de Paris.

Sollicitations médiatiques

Avec six albums de René Aubry, cinq d'Henry Torgue et Serge Houppin et quatre de Jean-Philippe Goude, Hopi Mesa réalise un tiers de son chiffre d'affaires grâce aux ventes de disques. Les deux autres tiers sont issus de l'édition et de l'activité de synchronisation, "Nos musiques sont souvent utilisées pour illustrer des reportages télévisés, des génériques d'émission et des publicités", commente Jacques Marbehant. Et ce, en France comme à l'étranger. Des titres de René Aubry illustrent par exemple des publicités télévisées de Christian Dior, d'Axa Assurances, de Vivendi Environnement, d'Usinor, le générique de Bas les masques, l'émission de Mireille Dumas, d'Envoyé spécial, ou encore de 52 sur la une. France Inter, France Culture et RTL figurent également au nombre des fidèles... "Ce sont des musiques qui laissent la place à imaginaire, à la réflexion, et à l'émotion, raconte Jacques Marbehant. En Italie, l'émission culturelle Non solo moda utilise un titre de René Aubry comme indicatif. Mais aussi les chaînes nationales Rai Uno et la Rai Due. Je démarche très rarement, car nous sommes avant tout un label discographique. Nous ne composons pas de titres à la demande. Nous voulons garder la valeur qualitative de notre travail, qui a pour vocation première d'être gravé sur des disques."

Grâce à l'exposition médiatique du catalogue du label, Hopi Mesa peut continuer à approvisionner les rayons "classique" et "musiques nouvelles" des magasins spécialisés.

Nathalie Paul

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Revue de Presse générale sur Hopi Mesa et ses Artistes