"Musique Info"

L'hebdomadaire des professionnels de la musique et des médias
n° 51, 23 Octobre 1998


LABEL

HOPI MESA ou l'appel de la liberté

Avec seulement quinze disques
dans son catalogue ultraspécialisé, Jacques Marbehant,
fondateur du label Hopi Mesa, compte exclusivement sur
la qualité de ses artistes plutôt que sur la politique du coup
par coup.
Explications.

Jacques Marbehant a créé le label Hopi Mesa en 1989 en tant qu'éditeur avant de la faire évoluer en 1992 en maison de disques consacrée aux musiques nouvelles.

"Pendant mon activité dans des multinationales entre 1973 et 1988, je trouvais que les productions de Vangelis, Philip Glass ou Brian Eno étaient très intéressantes. Je voulais développer ces musiques sans la crainte de la barrière de la langue."

Ayant un jour entendu un disque autoproduit de René Aubry, Jacques Marbehant a aussi tôt rencontré l'artiste et l'a signé en édition sur son label naissant. Aujourd'hui, il possède quatre artistes au catalogue : outre René Aubry, Jean Philippe Goude, Henry Torgue et Serge Houppin. Le chiffre d'affaires annuel tourne autour de 2,5 millions de francs. Les variations sont dues au rythme de la sortie d'un ou deux albums par an, soit un total de quinze disques au catalogue. Les meilleures ventes d'albums sont celles de René Aubry, qui atteignent sur la longueur de 60 000 à 70 000 unités.

"J'ai beaucoup appris en travaillant dans les majors et je m ' y suis fait très plaisir ; mais j'ai toujours voulu créer ma propre affaire. C'est peut-être prétentieux mais j'essaie de faire des musiques qui durent et que l'on n'oubliera pas. Je vois mal ce genre musical aujourd'hui dans une grosse maison de disques. Ici les artistes ont une totale liberté", précise Jacques Marbehant, qui explique ainsi le nom de son label : Hopi est une tribu indienne d'Amérique du Nord à la culture très forte et Mesa, les grosses masses rocheuses qui façonnent ce paysage unique.

"Ne vous y trompez pas, s'empresse-t-il d'ajouter, mon approche musicale est latine et la mélodie est primordiale, ainsi que de beaux arrangements et une solide orchestration. En revanche, les productions du label portent aussi bien sur des sonorités électroniques que des orchestres de chambre".

Fidèle à son distributeur, Hopi Mesa a suivi le mouvement lors des rachats successifs de New Rose, WMD, Arcade jusqu'à Wagram Music, car malgré les changements, il a toujours été satisfait du travail effectué par les commerciaux en France, ainsi que par le service export de son distributeur.
"Je réalise de 30 à 50 % de mon chiffre à l'export car il s'agit de musique essentiellement instrumentale, sans frontière."

Le label possède d'ailleurs un site internet (www.hopimesa.com) complet en français et en anglais, avec des extraits sonores ou des coupures de presse. A ce propos, Jacques Marbehant se félicite de son travail avec les radios de Radio France, mais aussi les généralistes (RTL a récemment fait un Stop ou encore René Aubry).

"La presse quotidienne locale nous a toujours beaucoup aidé. Quant à la nationale, je m'efforce, avec la collaboration de Safia Babour, de briser les carcans qui peuvent exister chez certains. Ces barrières de modes et de niches doivent sauter " insiste-t-il, d'autant qu'il trouve la situation de la distribution préoccupante. "Je viens d'apprendre que L'Ode à la joie, l'un des derniers disquaires du XX°, à Paris, vient de fermer. C'est vraiment triste".

Pierre-Marie DUFOUR


Les chansons sans paroles de René Aubry

Malgré neuf albums en dix ans, le compositeur René Aubry reste assez confidentiel. Pourtant, vous avez sans nul doute déjà écouté sa musique en bande son d'un générique de télévision, d'une pub, d'un film ...

 

Cet album acoustique de René Aubry est enregistré en studio sans sampling ni ordinateur. Il a nécessité deux ans de travail et est sorti le 16 octobre dernier. Le disque digipak trois volets est illustré par Lorenzo Mattoti et représente la passion amoureuse. Une opération Fnac nationale avec 50 points-écoute, PLV quadri et un papier dans Blah-Blah Théma a été mise sur pied et l'artiste est en rencontre Fnac en présence de Carolyn Carlson, Philippe Genty, Lorenzo Mattoti ce 23 octobre à 17h30, en partenariat avec FIP. Deux bandeaux ont annoncé cette rencontre dans Libération des 17 et 20 octobre.

"Le hasard a fait qu'en 1978, je suis entré dans la compagnie de Carolyn Carlson pour être régisseur.
A partir de là, j'étais de plain-pied dans le monde de la musique et je savais déjà que j'allais en prendre pour quelques années. Carolyn m'a encouragé et donné l'envie de composer pour mon propre compte, au lieu de rester au service des autres.

En vingt ans, ma musique a beaucoup évolué. Grâce à mes deux premiers disques autoproduits, j'ai pu rencontrer des gens de tous les domaines artistiques : ballet, cinéma, télévision...

C'est de cette époque que date ma rencontre avec Jacques Marbehant, futur fondateur du label Hopi Mesa. J'aimais beaucoup la chanson française un peu marginale des années soixante-dix, des chanteurs comme Jacques Higelin, François Beranger, Brigitte Fontaine et d'autres plus classiques comme Georges Brassens. En même temps, j'écoutais du folk irlandais et des artistes comme Leonard Cohen, Bob Dylan et beaucoup de musiques à base de guitare, un instrument que j'ai découvert à 15 ans : flamenco, du Marcel Dadi, suivi de choses plus classiques tels que Pat Metheny ou Paco de Lucia ...

Ma musique n'a aucune étiquette, mais je ne le fais pas exprès, je fais seulement ce que j'ai envie de faire, peut-être mon côté individualiste. Si mon instrument de prédilection reste la guitare, l'ordinateur gère désormais toutes mes productions. Après avoir beaucoup travaillé sur les machines, je suis revenu aux sources, à savoir les instruments acoustiques pour mon dernier album, intitulé Plaisirs d'Amour.

Quand on demandait à Philippe Genty de définir sa forme de spectacle, il disait que c'était du théâtre sans paroles. Pour ma part, j'écris des chansons sans paroles. Le thème récurrent de l'album, c'est l'amour, celui qui découle d'une rencontre suite à mon premier concert de 1994, à Bari en Italie.

Dans un proche avenir, j'aimerais me produire sur scène et je compte jouer avec un petit groupe de deux guitares, une contrebasse, des percussions et trois phénomènes qui jouent un peu de tout".

Plaisirs d'Amour, par R. Briatte Plaisirs d'Amour, par L. Métayer
Plaisirs d'Amour, par "Blah Blah Théma" Plaisirs d'Amour, par L'"Est Républicain"
Plaisirs d'Amour, par le Monde de la Musique Plaisirs d'Amour, Revue de Presse
René Aubry, Biographie René Aubry, Extraits Musicaux

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