DE LA MUSIQUE
Décembre 2004
René Aubry
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Projection Privée
Malabar Princess a été l'un des succès inattendus du cinéma français l'an dernier. L'une des clés de ce succès est la musique composée par René Aubry présente sur cet album en complément d'une série de onze autres pièces courtes. Une série qui constitue à elle seule la B.O. d'un autre film imaginaire qu'Aubry invite à découvrir à travers le son de ses guitares, cymbalums, mandolines (c'est dans les cordes que sa musicalité s'exprime le mieux).
Car cette "projection privée" est une ouverture oblique sur des tranches de vie du compositeur, des esquisses dessinées avec une tendresse pudique autour des amitiés qui ont rythmé certains moments de son existence. Des "révélations muettes" chantées sans paroles, suggérées par des titres ludiques et éloquents - Bas les pattes !, j'suis comme ça, Embrasse-moi si tu peux, Eléphant rose, Tout le plaisir est pour moi. Et, comme dans un interlude de cabaret, un hommage à Tati et Fellini, deux cinéastes qui ont tellement nourri l'imaginaire du passionné d'images qu'est Aubry.
Après avoir suscité les mouvements des danseurs (Carolyn Carlson) et animé les personages des marionnettes (Philippe Gentil), la musique d'Aubry se fait récit cinématographique. Entrez, la salle de projection est ouverte !
Francisco Cruz
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10 Août 2004
Invités sur la Terre, en 2001, avait été une oeuvre de lumière et d’élan collectif ; Seuls au Monde, en 2003, relevait d’un univers plus sombre, mené en solitaire. Projection Privée, nouvel enregistrement du guitariste et compositeur René Aubry - qui joue là aussi de presque tous les instruments - surprend en prenant pour principal thème d’inspiration les personnages de la série “San-Antonio” de Frédéric Dard. A priori, ces grosses farces semblent étrangères aux subtilités et à la poésie musicale d’Aubry. Heureusement, on est au large des ambiances de fête à Neu-Neu qui collent aux personnages. Un accordéon s’envole aux portes du tango, l’exotisme vient de la mandoline italienne, il y a, sans clichés, un peu de samba du Brésil, beaucoup de finesse percussives. Aubry présente ensuite Dolce Vita, hommage à la chorégraphe Pina Bauch et aux cinéastes Jacques Tati et Federico Fellini. La suite reste dans la cohérence cinématographique, avec les compositions du film Malabar Princess de Gilles Legrand. Délicates, évocatrices d’espaces ouverts, avec les résonances d’un cymbalum, des caresses de cordes et le yodle des montagnards qui se souffle de nouveau-né.
S. SI
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CINEFONIOA
Décembre 2004
Ceux qui ont vu MALABAR PRINCESS, le superbe film de Gilles Legrand, ont certainement remarqué l'apport dramatique de la musique de René Aubry.
Ce dernier a déjà collaboré sur des films de cinéma ou de telévision (LA RÉVOLTE DES ENFANTS - 1991, KILLER KID - 1994) et des spectacles de Philippe Genty et Carolyn Carlson.
Il est compositeur mais aussi et surtout excellent joueur de guitare et de mandoline. Son style navigue entre des compositions instrumentales à multiples facettes et fusions de différents courants musicaux. MALABAR PRINCESS raconte le parcours initiatique de Tom (huit ans) qui va apprendre que disparaître ne signifie pas mourir. Après la disparition de sa mère, dans un glacier du Mont Blanc, il se retrouve confié à son grand-père (formidable Jacques Villeret) qui va l'aider à faire ressurgir les secrets de famille.
La force de la musique consiste à s'immicer doucement dans les paysages grandioses et les maux du petits garçon pour faire resssortir les douleurs mais aussi l'espoir.
Ainsi, la Mort Du Cheval qui apparaît sur le générique est une musique lente, superbe marche mi-funèbre mi-joyeuse, qui se développe sur une petite mélodie pour guitare, duduk et nappes synthétiques. En cherchant à comprendre, le petit Tom va découvrir l'histoire des passagers du Malabar Princess, un avion indien qui s'est écrasé dans les montagnes. Cela permet au compositeur de développer un thème mystique et planant, utilisant bien sûr des guitares mais surtout des sonorités indiennes. Le film contient aussi des moments de comédie et d'aventures, ce que suggèrent parfaitement les morceaux Nouveau Monde I & II, thèmes plus enjoués pour piano, mandoline et synthétiseur. A noter, en finale, un Malabar Yoddle qui représente une hilarante déclinaison sous la forme d'une tyrolienne du thème principal.
Cet album comporte aussi une dizaine de mouvements inspirés par des moments de cinéma. On s'arrêtera plus particulièrement sur Tout le Plaisir Est Pour Moi, une musique qui évoque les petites gens à travers un enchaînement de guitare qui n'est pas sans évoquer certains courants européens. Mais aussi sur J'Suis Comme Ca qui mélange habilement guitare, mandoline et accordina, formant une intéressante fusion entre les musiques électroniques et les sonorités napolitaines. Enfin, citons Dolce Vita, une pièce rendant hommage en musique à Federico Fellini et Jacques Tati. En près de de quatre minutes, le compositeur revisite à sa manière l'univers musical de ces génies du grand écran à travers un mouvement généreux et simple où sa guitare se ballade aussi naturellement que le facteur sur la musique de JOUR DE FÊTE. Un vrai plaisir !
Pas de doute, si vous avez aimé MALABAR PRINCESS, si vous appréciez les accords de guitares élaborés, vous aurez plaisir à vous envoler avec ces musiques que nous vous invitons à découvrir.
Pascal Henry
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LE MAINE LIBRE
16/12/2004
"PROJECTION PRIVÉE": RENÉ AUBRY FAIT SON CINOCHE
Le compositeur réalise un curieux album
qui s'articule autout des mélodies réalisées pour le film "Malabar Princess"
mais le préambule est un hommage à San Antonio...
René Aubry est le spécialiste hors normes de la chanson sans paroles. Chez lui, tout est question d'images et d'évocations par la mélodie d'histoires, de ballets et de scénarii. "Projection Privée" pourrait, au regard de son montage hétéroclite (une fantaisie bérurière, un hommage à Fellini et la bande son de "Malabar Princess") ne tenir que sur une jambe désarticulée. Pourtant, il y a bien une mécanique et une cohésion unique qui fait tourner l'esthétique de l'ensemble.
Les compositions puisent leur inspiration dans un registre extensible, la musique étant l'alibi de la projection intellectuelle et émotive d'autres formes artistiques. Même s'il est permis de penser que les affections du musicien vont plus volontiers vers les musiques baroques, modales et folkloriques que vers le death metal, on ne décèle nulle répulsion à glisser un peu d'électricité et beaucoup d'humour dans ces chansons à la prise immédiate. René Aubry privilégie les cordes (guitares et mandolines), mais ne fait pas l'impasse sur les techniques d'enregistrement propre au rap et à la techno (mixage et programmation).
René Aubry est un musicien curieux (au sens propre et figuré), un de ces artistes sans préjugés qui élargissent sans arrêt les frontières de leurs champs d'exploration...
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CENTRE PRESSE
11 juillet 2004
René Aubry: musique nomade et magique
L'écoute de ce disque a été une vraie, une belle et bonne révélation. René Aubry, de prime abord, ça ne dit rien qui vaille, ça lorgne peut-être du côté des " kings” du musette.
Mais quand on écoute, ah mais que voilà la plaisante surprise.
De petits morceaux de musique envoûtants, où transpercent des notes venues d'ailleurs (mais d'où ? de l'Est, d'Espagne, du Maghreb ?). Il y a du Goran Bregovic là-dedans, c'est certain, mais tellement, tellement d'autres choses...
René Aubry, lui, est un coquin: il y voit dans ces mélodies entêtantes et magiques l'influence du commissaire San Antonio, et de tous les autres personnages créés par Frédéric Dard.
D'accord, René, mais alors, d'où vient tant de finesse? Peut-être de Tati, de Fellini, qu'il adore et à qui il rend hommage. Car les hauts faits d'armes d'Aubry, où il excelle, ce sont les musiques de films. II a d'ailleurs signé celle de "Malabar Princess". D'accord aussi, René, mais cet album, fourmillant d'idées, grouillant d'air, si aérien d'ailleurs, c'est un bonheur pour l'ouïe.
Juré craché.
Une "Projection privée" à découvrir absolument.
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LE COURRIER DE L’OUEST
Lundi 26 juillet 2004
L'ami de l'écrivain et chanteur Yves Simon, René Aubry fait de plus en plus fort. Son dernier CD, intitulé “Projection privée”, comprend la musique du film “Malabar Princess” de Cilles Legrand et dix titres dédiés à la mémoire de Frédéric Dard, l'inventeur de San Antonio !
Avec Jean-Marc Ladet au violon, Daniel Beaussier au “duduk” turkish et René Aubry soi-même (ex compagnon et accompagnateur musical d'une des plus grandes chorégraphes du monde, Carolyn Carlson, mère d'Aleksi Aubry-Carlson, guitariste sur son avant-dernier CD “Seuls au monde") à la mandoline, à la guitare, au cymbalum et au chant.
Mon tout ressemble à un de ces univers fous de voyages dans le temps et dans l'espace. Cultures musicales d'hier et d'aujourd'hui se mêlent, de Vivaldi à la world music.
Tyrolienne
N'hésitant pas à chanter une tyrolienne entre deux thèmes, Aubry, l'homme de “Steppes” et accompagnateur du génial marionnettiste Philippe Genty (“Ne m'oublie pas”, 1995), est un habitué des musiques de film. Citons: “La révolte des enfants” en 1991, “Killer Kid” en 1994.
René Aubry s'affirme ici comme un très grand orchestrateur, celui que révélait déjà “Invités sur la terre” en 2001 à la tête d'une large formation de cuivres, cordes, percussions.
Bref, un artiste majeur de la scène européenne actuelle.
C. Journet
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OUEST FRANCE
27 Juin 2004
Depuis son premier album, Libre parcours, sorti en 1988, René Aubry n'en finit pas d'émerveiller avec sa musique aérienne, lumineuse, infiniment mélodique et complexe à la fois. Collaborateur de Carolyn Carlson et Philippe Genty, pour qui il a brossé des "décors" de référence, il nous refait son "Cinéma Paradiso" avec Projection Privée.
Seize miniatures instrumentales irrésistiblement chantantes, qui sont autant d'hommages délicieusement décalés, amusés et mélancoliques à la fois, à Fellini, Tati et autres " traverseurs" d'images. San-Antonio lui-même rôderait derrière les dix premiers morceaux, brodés de claviers, de guitare et de mandoline à l'italienne. Les cinq derniers sont issus de la B.O de Malabar Princess, que René Aubry a tissée à sa façon, élégante, raffinée et intelligente.
Jean Théfaine
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NVO
La Nouvelle Vie Ouvrière
12 novembre 2004
INVITÉ • René Aubry
Metteur en son
On connaît souvent les musiques de René Aubry sans savoir qui se cache derrière ce qu'il aime à qualifier de " chansons sans paroles”. Compositeur pour la scène et l'écran, ce multi-instrumentiste discret possède un public de fidèles passionnés qu'il comble par des concerts aussi rares que prenants.
NVO - Par quel chemin êtes-vous devenu compositeur. Quelles sont vos influences et vos inspirations ?
René Aubry - Je n'ai pas fait d'études musicales, je suis totalement autodidacte. Mon père était postier, ma mère au foyer mais on écoutait la radio, les chansons et on chantait à la maison. À quinze ans, j'ai acheté une guitare, mais je crois que c'était surtout pour attirer les filles ! (rires). C'est mon frère Serge, mon aîné de cinq ans, qui a fait mon éducation musicale, d'Otis Redding à Brassens et Ferré. Quand il est parti pour Paris, je l'ai rejoint et j'ai fait des petits boulots, notamment dans le théâtre. Puis je suis devenu régisseur de la compagnie Carolyn Carlson dont j'ai été l'ami puis le compagnon pendant quinze ans. C'est là que j'ai découvert la musique instrumentale et commencé à composer pour la scène et notamment la danse. J'ai beaucoup d'influences diverses, le folk, Leonard Cohen, Dylan, Django Reinhardt, Paco de Lucia, Frank Zappa... J'ai essayé d'écrire des chansons mais c'était pitoyable, grâce à Carolyn j'ai compris qu'on pouvait dire sans paroles et apprécier le côté abstrait de la musique. Mon inspiration, c'est la vie, les gens, leurs actions bonnes ou mauvaises. La nature n'est pas suffisante pour m'inspirer
Compose-t-on différemment pour le spectacle vivant et le cinéma?
Tout dépend surtout du temps. dont on dispose. Avec Carolyn, c'était deux à trois mois par création, mais quand on vit avec la
personne avec laquelle on travaille, on continue à changer des choses même après la première du spectacle. On peut rallonger, varier, c'est une liberté par rapport au cinéma. Avec Philippe Genty, c'est plus écrit et la musique représente six mois à un an de création. Au cinéma, les expériences sont toutes différentes, souvent je suis intervenu une fois le film fini, sauf dans le cas de "Killer Kid " ou Gilles de Maistre m'a contacté avant le tournage. Pour "Malabar Princess" j'ai disposé d'un mois et les délais courts c'est un peu frustrant. Et ce qui est drôle c'est que j'aime plutôt les films silencieux (rires). En effet, la musique de film, ça brûle, il faut un dosage très savant et le réalisateur doit savoir ce qu'il veut comme un Kusturica qui utilise la musique comme un personnage.
Depuis 1999, vous vous produisez sur scène avec un groupe. Quelle est la place de l'Improvisation dans ces spectacles ?
C'est assez peu improvisé, pas plus de 20 ou 25 % d'impro. Par contre je fais une grande place à l'interprétation, mais ça reste assez proche des albums. Je reproche à certains de partir dans des morceaux de dix minutes. Sur scène j'aime bien ce que font Yann Tiersen ou Pascal Comelade, c'est bien fait, enjoué, poétique. Sur scène j'apprécie que le public ait ses propres images, il ne faut pas systématiser le rapport image/musique.
Vous êtes longtemps resté dans l'ombre. Aujourd'hui vous avez un public fidèle et averti. Qui est votre public et quels sont vos projets ?
J'ai eu longtemps un public qui gravitait autour du monde de la danse et je suis un vrai casse-tête pour les disquaires qui ne savent jamais où me ranger! Souvent je suis classé dans la musique classique et non en chanson française, ce qui me rend fou! Jusqu'en 1988, j'ai beaucoup travaillé seul, aujourd'hui, grâce à Jacques Marbehant (qui s'occupe des relations avec la presse pour le label Hopi Mesa NDLR), il y a eu un travail de prospection. Grâce à cela et aux génériques radio et télévision, le public s'élargit. Actuellement je pense à un projet de "live", mais un faux live parce que je suis très perfectionniste! Ce pourrait être en partie une relecture de certains morceaux plutôt qu'une compilation.
Propos recueillis par Dee Brooks
(Remerciements à Marianne Launay et au festival "Les tombées de la nuit” de Rennes qui ont permis cette rencontre. René Aubry sera en concert à Paris au premier trimestre 2005).
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CHORUS
AUTOMNE 2000
René Aubry
PROJECTION PRIVÉE
Antoine et Félicie - Dare-Dard -Tout le plaisir est pour moi - Au suivant de ces messieurs - J'suis comme ça - San-A. samba Embrasse-moi si tu peux - Bas les pattes ! - Eléphant rose - N'en jetez plus - Dolce vita - Nouveau monde I - La mort du cheval - Nouveau monde Il - Malabar Princess - Malabar Yoddle.
Depuis son premier album, Libre Parcours, sorti en 1988, René Aubry n'en finit pas d'émerveiller avec sa musique aérienne, lumineuse, infiniment mélodique et complexe à la fois. Une musique faussement "facile", qui trotte très vite dans la tête et le coeur. Collaborateur de la danseuse et chorégraphe Carolyn Carlson (Steppe en 1990, Signes en 1997), du marionnettiste et homme de théâtre Philippe Genty (en 1989 Dérives, en 1995 Ne m'oublie pas, en 2003 Seuls au Monde), pour lesquels il a brossé des "décors” de référence, il nous refait son " cinéma Paradiso " avec Projection Privée.
Seize miniatures instrumentales irrésistiblement chantantes qui sont autant d'hommages délicieusement décalés, amusés et mélancoliques à la fois, à Fellini, Tati et autres "traverseurs" d'images. San-Antonio lui-même rôde derrière les dix premiers morceaux, écrits pour un film resté dans les cartons. Les cinq derniers sont issus de la B.O. de Malabar Princess que René Aubry a tissée à sa façon, élégante, raffinée et intelligente.
Jean Théfaine
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LA TRIBUNE DE LA RÉGION MINIÈRE
14 Juillet 2004
Il y a un son, un style Aubry quelles que soient les circonstances à l'origine (films, chorégraphies ou musiques “libres”...), les compositions de René Aubry se reconnaissent immédiatement. Sans doute l'utilisation des instruments y est-elle pour quelque chose. Mais l'écriture musicale de René Aubry est originale.
Son nouvel album, "Projection Privée", permet de le vérifier une fois encore. Cet opus est une petite anthologie : dix pièces inspirées du climat des romans du commissaire San-Antonio, un morceau inspiré par la chorégraphie de Pina Bausch qui se veut un "hommage à Jacques Tati et Federico Fellini, cinéastes des sens et de l'intelligence" et cinq pièces constituant la musique du film "Malabar Princess" de Gilles Legrand. René Aubry se révèle à l'aise dans ces compositions de "circonstances": mais, comme la poésie, la musique n'est-elle pas toujours de circonstances?
L'ensemble des dix premières plages, intitulé "Projection privée", est révélateur de la plasticité du talent de René Aubry : partant des fameux personnages de Frédéric Dard (San-Antonio, Félicie, Bérurier, Pinuche...), René Aubry se fait son cinéma; mais il ne s'agit pas ici d'images sur pellicule, mais de la transcription sonore d'un climat romanesque. On aurait pu craindre le pire avec ces personnages qui sont des caricatures, mais René Aubry est naturellement élégant, et sa musique est tout, sauf une caricature. On s'amuse à la lecture des San-Antonio et c'est cette joie qu'on perçoit dans la musique d'Aubry: c'est léger, c'est virevoltant, c'est pétillant. Un peu comme dans le fameux "Pierre et le Loup" où un instrument correspond à chaque personnage du conte musical; ici, chaque personnage de Frédéric Dard se profile derrière une sonorité... René Aubry lui-même caractérise ces pièces comme "d'exquises esquisses musicales"... Il a raison et elles nous ravissent. Ces esquisses ont la grâce que possèdent les peintres et les dessinateurs au sommet de leur art. C'est un rare moment d'émotion musicale et de jubilation que nous offre René Aubry.
Lucien Wasselin
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LA MARSEILLAISE
20 septembre 2004
MINIATURES SONORES
RENÉ AUBRY
"Projection privée" et la musique originale du film "Malabar Princess"
LE nouvel opus de René Aubry rassemble, en seize courts morceaux, trois sources d'inspirations. Les dix premières plages évoquent l'univers et les personnages de San Antonio de Frédéric Dard. Un zeste de tango ou de samba, de mandoline, un brin d'accordéon, finement orchestrés illustrent des titres tels que "Dare-Dard" ou "San-A samba", "Bas les pattes !" ou "N'en jetez plus !"...
Des petits motifs qui se répondent, d'un instrument à l'autre, au fil d'une rythmique légère, avec, toujours au premier plan ces cordes pincées qui font la marque de fabrique du musicien ! Ce multi-instrumentiste touche à tout, du cinéma à la télé, au ballet... "La Dolce Vita" emprunte un ton burlesque. C'est hommage rendu à la chorégraphe Pina Bausch, clin d'oeil aussi à Jacques Tati et Fellini.
L'album reste, pour les dernières compositions, dans l'univers cinématographique, puisqu'il reprend la musique originale du film "Malabar Princess" (le DVD du film est sorti le 8 septembre dernier).
Ce sont alors un cymbalum exotique, une flûte des neiges éternelles ou des yodles de fanfares qui créent des espaces sonores imagés. Près de 35 minutes d'évasion et de rêverie sonores excluant tout cauchemar et dissonance !
J.F.
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LA DÉPÊCHE DU MIDI
22 Juin 2004
La danse, le théâtre, la télévision, le cinéma.... Désormais, plus rien n’échappe à René Aubry. Après le triomphe du ballet “Signes”, donné à l’Opéra Bastille en mars et avril 2004, ses concerts de rentrée parisienne au Bataclan les 2 et 3 mars, les diffusions du téléfilm “Ambre a disparu” sur France 2 les 23 et 24 février ainsi que la tournée du nouveau spectacle de Philippe Genty, “Ligne de fuite”, qui sera d’ailleurs donné à Odyssud à Blagnac, la saison prochaine, ce musicien savant publie aujourd’hui son nouvel album, “Projection Privée”.
Accompagné (en bonus) de la musique originale du film “Malabar Princess” (1,4 millions de spectateurs), cet étonnant multi-instrumentiste, qui excelle sur tous les registres, se fait aujourd’hui ici, mandoline et cymbalum en mains, à la fois léger (“Dolce vita”), folklorique (“San-A Samba”), romantique (“Je suis comme ça”), surprenant “(“Eléphant rose”) et toujours aussi précieux là où il excelle (“Nouveau monde”).
Bernard Lescure
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L’UNION
19 Septembre 2004
LE DISQUE DE LA SEMAINE
“PROJECTION PRIVÉE” DE RENÉ AUBRY
Le compositeur attitré de Carolyn Carlson et du marionnettiste Philippe Genty vient de sortir un album dans lequel il prouve une fois de plus qu’il est certainement l’un des rares contemporains à pouvoir tirer un parti aussi intéressant de la mandoline, instrument - pour nous autres occcidentaux - à l’inévitable connotation médiévale ou ethnique. Si elle est souvent présente dans les albums de René Aubry, dans “Projection Privée” la mandoline est omniprésente. Si vous ne supportez pas ses chapelets de notes aigrelettes, que l’on confond d’ailleurs facilement avec le bouzouki grec, n’achetez pas ce disque ! Vous passeriez un sale quart d’heure, surtout avec les dix premières plages de “Projection Privée” qui portent chacune le titre d’un roman de San Antonio.
Si au contraire, vous avez depuis longtemps envie de coller des mélodies sur les délires policiers du père Dard, René Aubry est l’homme de la situation: on sent qu’il a eu envie de se faire son cinéma, d’écrire une musique anecdotique, loin de la mode électro actuelle, de se raconter des petites histoires toujours bien enlevées ; en les illustrant d’un petit rythme de samba, de l’esquisse d’un pas de sirtaki ou de tango. La mandoline s’habille s’il le faut de tuba, d’accordéon ou de cymbalum ; on reste dans l’univers instrumental familier de René Aubry. Le disque se termine par la musique du film de Gilles Legrand, “Malabar Princess”, qui vient de sortir en DVD. L’occasion de se replonger dans une ambiance plutôt sympa.
Patrick Flaschgo
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BIG BANG
Juillet 2004
Aprés la sortie il y a tout juste un an de Seul Au Monde et les concerts qui ont suivi, on pouvait s'attendre à ce que René Aubry
s'accorde une période de repos prolongé bien mérité. Et bien pas du tout, on ne l'arrête plus. Il est vrai que les morceaux créés pour le très beau film de Gilles Legrand, Malabar Princess, appelaient une nouvelle sortie discographique. A l'origine, le musicien ne fournissait qu'un titre déjà publié, en l'occurrence ”Pomme d'Amour” issu de Signes: ce n'est que quelques jours après avoir donné son accord qu’il fut appelé à créer l'ensemble de la musique et donc à composer de nouveaux morceaux. C'est en fait la part la plus pertinente qui a été judicieusement retenue pour cet album (cinq titres pour une dizaine de minutes).
Ceux qui ont vu le film savent combien le générique, “Malabar Princess" (3:32), est réussi, collant à la perfection à la fois aux images et à l'esprit composite qui exalte cette première oeuvre. Maintenant, pris dans le fil des péripéties, ils n'auront sans doute, comme moi, pas vraiment retenu grand chose des autres moments de la bande-son (preuve qu’elle fonctionne bien). C'est donc l’occasion d'y revenir avec une oreille libérée des contraintes visuelles et cérébrales.
Et..... surprise, la musique a parfois conservé en elle le souvenir des images. Mais, comme bien d'autres de ses compositions illustratives, celles-ci ne souffrent rien de leur nouvelle indépendance. Maintenant, restait tout de même à compléter cette poignée de morceaux très minoritaires sur la durée d'un CD, avec pour corollaire principal, le souci de conserver l'unité d'ensemble sans pour autant donner l' impression de prolonger artificiellement le film avec des musiques qui ne s’y trouvent pas.
L' idée lumineuse du compositeur est d'avoir imaginé un autre film empruntant bien sûr un autre style. Il nous fournit en quelque sorte sur la pochette, le synopsis de son objectif : retranscrire musicalement l'esprit des San Antonio sur une succession d’ ”exquises esquisses musicales”.
Si on retrouve bien la patte du musicien et des spécificités déjà maintes fois louées dans nos colonnes, il faut tout de même signaler que ce bloc placé en ouverture de l'album possède un caractère inédit jusqu'à présent. Affichant clairement sa différence avec le bloc Malabar Princess, il compense cette dualité en présentant une unité instrumentale que le musicien n'avait jusqu'alors jamais poussée à ce point. En clair, le côte franchement latin de cette suite voit la mandoline incarner un rôle de fil conducteur excessivement dominant.
René Aubry nous a jusqu'à présent habitué à une palette sonore si diversifiée (pas seulement au sein d'un même morceau, mais aussi dans leur alternance), qu'on a I'impression de ne pas retrouver cette fois la totalité de ses qualités. Pourtant, prises indépendamment les une des autres, ces petites pièces n'ont rien à envier à ses oeuvres antérieures, Simplement, leur succession diminue un peu l'impact de thèmes qu'on aurait aimé entendre développés avec d'autres couleurs, des thèmes
d'une grande beauté qui de toute façon finissent par s'imposer et assurent tout de même la réussite.
Enfin, "Dolce Vita" (3:48), lié aussi au cinéma puisqu'il se veut un hommage à Jacques Tati et Fédérico Fellini assure la transition entre les deux ensembles. Certes, cela ne suffit pas a rendre le tout homogène, mais ça se tient malgré tout.
S'il n'est assurément pas l'album que l'on conseillerait à quelqu'un qui ne connaît pas René Aubry, Projection Privée possède en tous cas de quoi se rendre indispensable a ceux qui le connaissent bien. Ils y verront à juste titre le témoignage d'une vitalité maximale et d'une grande générosité.
Laurent Métayer
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