RENÉ AUBRY

"REFUGES"

Nouvel Album
paru le 24/01/2011

REVUE DE PRESSE


30-31/01/2011

De disques en disques, une quinzaine depuis le milieu des années 1980, le guitariste René Aubry propose une musique qui a souvent accompagné les mouvements de la danse. D'où un impact visuel dans ses compositions dont la première qualité est de laisser l'auditeur à sa propre imagination. Refuges, se veut, selon les termes de son compositeur, un recueil de musiques "pour arrêter le temps et regarder le monde avec son coeur".

Aux cordes d'Aubry, (guitares, mandolines, banjo, bousouki,.. viennent s'ajouter sur certains thèmes une contrebasse, une clarinette, une flûte, des percussions, un buggle, des voix,..
On se déplace d'Orient en Occident, avec toujours l'attention d'Aubry à ce que la mélodie, lisible, ne soit pas prétexte à des cycles répétitifs mais bien l'élément central de la musique.

C'est beau, grave par endroits, apaisant à d'autres, traversées de moments de grâcee qui effectivement viennent "arrêter le temps".

Sylvain Siclier


"Refuges"
par Laurent Métayer

"Big Bang"
Mai 2011

Si la musique expérimentale inspire le respect, il faut avouer qu'elle véhicule une image parfois austère ou à l'inverse totalement déjantée, qui tient malheureusement à l'écart le public le moins audacieux. L’œuvre de René Aubry est aux antipodes de ces aspects fâcheux, constituant la preuve par 17 albums qu'on peut procéder à des recherches en marge sans pour autant prendre l'auditeur à rebrousse-poil. Il ne s'agit pas là de démagogie, mais d'un souci permanent à ne laisser personne insensible, un immense respect du public le plus large ainsi qu'une intense sincérité.

Si de sa phase exclusivement acoustique entamée en 98 avec Plaisirs d'amour, il persiste en concert une pratique éprouvée, le musicien est avec le plus grand naturel revenu, en 2003, avec Seuls au monde, à l'élaboration de mixtures d'autant plus personnelles qu'elles ne s'imposent plus aucune contrainte instrumentale. Un rapide survol du nouvel album permettra de vérifier une totale continuité de cette démarche toute progressive où les diverses recherches ne se déparent pas le moins du monde de leur hédonisme.

Cela faisait tout de même 5 ans, depuis Mémoires du future, que notre homme n'avait pas sorti d'album de ce type. Entre temps cependant, il n'a pas chômé. Hormis la sortie de Play time, panel de réinterprétations fidèles à l'esprit des concerts, 2008 a vu la réalisation d'une bande originale pour le film Sous les bombes de Philippe Aractingi, et celle de Peurs du noir, un film d'animation de Lorenzo Mattotti, son illustrateur de pochettes attitré depuis 1998. Durant cette même période, il compose également la musique du spectacle Boliloc de Philippe Genty et celle de Sweet Mambo l'un des derniers spectacles de la célèbre chorégraphe, Pina Bausch décédée il y a à peine 2 ans. Enfin, en 2009, René se consacre à l'enfance avec d'une part, la B.O. d'un dessin animé, The Gruffalo des réalisateurs Jakob Shuh & Max Lang et la musique d'un livre-CD, Le roi penché, auquel a également participé Carolyn Carlson.

S'ils n'ont pas toujours donné lieu à une édition, ces travaux ne sont pas pour autant étrangers à la démarche discographique du musicien, bien au contraire ils l'alimentent de certains titres en parfaite adéquation avec la direction recherchée.

Ainsi, Refuges apparaîtra comme une suite tout à fait logique à  Mémoires du future au point qu'il est difficile de croire qu'autant d'années les séparent. Les qualités observées pour ce dernier notamment son homogénéité substantielle ainsi que son expressivité évocatrice sont totalement reconduites.  Seul «Rasta La Vista» (2:40) titre le plus enjoué paraît quelque peu décalé dans ce vaste espace de quiétude et de délicatesse, tout en évoquant pourtant un aspect tout à fait familier du compositeur. Il permet en fait de prendre la mesure d'une totale liberté où la dominante apaisée s'est imposée naturellement.

Cela dit, il ne faut surtout pas croire que l'unité en question relève d'une quelconque uniformité.

C'est même tout le contraire. Chaque morceau s'avérant parfaitement caractérisé. La diversité instrumentale joue à ce titre un rôle très important. Bien que déjà très importante avec l'association fructueuse acoustique-électrique et l'appoint désormais habituel (mais minimale pour l'album de 2006) d'autres musiciens pour certains titres, la palette utilisée pour Refuges témoigne d'une latitude infinie s'avérant des plus prospectives en retrouvant notamment les accents world de Mémoires du future. Des instruments comme le bouzok, le cuatro, ou l'oud ajoutent leur touche à un propos universel invitant idéalement au voyage. Mais leur impact serait bien moindre hors de cette dimension improbable qui s'apparente plus au rêve qu'à la géographie sous l'influence de combinaisons insolites où l'instrumentation moderne se justifie pleinement. De ce point de vue, on ne peut que se réjouir de l'usage plus poussé de la guitare électrique, pour lequel le musicien développe une approche très personnelle tant dans la sobriété que les sonorités explorées. Et lorsqu'il monte en puissance sur la fin de «Sous Le Regard du Ciel» (2:48) il inonde littéralement le titre d'une lumière qui fait regretter la rareté de tels élans.

Enfin, si Refuges en vient à toucher à ce point, ce n'est évidemment pas du seul fait de ses atouts formels furent-ils aussi éblouissants. Derrière une apparente simplicité à même de séduire en première lecture, on mesurera assez vite une profondeur mélodique insoupçonnée sur les suivantes. Certes, malgré l'accessibilité évoquée, nous ne sommes pas vraiment dans le cadre des chansons sans paroles d'autrefois, mais la prégnance des pièces n'en est pas moins touchante.

Celle qui conclue l'album, «Anikouni» (2:08) qui voit la participation de Barbara, l'épouse de René et que celle de ses enfants Aria et Yuri pourrait être mise à part du fait qu'il s'agit là d'une chanson traditionnelle amérindienne assez connue, mais l'aspect géopolitique du morceau ainsi que son traitement particulier qui tire des limites vocales une réelle force émotionnelle l'intègrent plutôt bien à l'ensemble au point d'en faire une signature finale.

Cela dit tout du personnage qui en toute humilité nous informe combien sa famille et le monde dans son intégralité sont partie prenante de son processus créatif. Quelque part, on se sent forcément inclus et c’est bien en invité d'honneur que nous venons partager ces refuges.


La Montagne
14//05/2011

La poésie des sons selon René Aubry

Essayer René Aubry c'est l'adopter. Mais le musicien n'est pas si facile à approcher. Discret ? "C'est effectivement dans ma nature mais ce n'est pas ma faute si le public n'est pas toujours curieux". Une fois n'est pas coutume, un artiste français est davantage connu et apprécié à l'étranger.
Allez, un petit effort, c'est une belle histoire !

Créateur d'univers sonores inédits

René Aubry est arrivé par amour à la composition : "J'étais simple guitariste, c'est ma rencontre avec la chorégraphe Carolyn Carlson qui a tout déclenché". Et depuis plus de trente ans, il compose donc pour la danse (et la danseuse), mais aussi pour le théâtre et le cinéma : en fin de course et par bonheur, pour la scène.

A l'intersection du jazz, de la world music et de la chanson tout ce qu'il y a de française, il est un créateur d'univers sonores inédits. René Aubry est un compositeur atmosphérique, l'héritier des impressionnistes, un poète sans paroles.
Pour générer des émotions profondes, il se fait artisan du son. "
Je suis autodicacte. Je n'écris pas la musique. Je prends ma grat' et mon ordi. ça part souvent d'un rythme imposé par la danse. C'est une respiration, un battement. Et puis..."

Non à l'académisme

Multi-instrumentiste accro aux cordes, il a su dompter les percussions, puis les vents. Dans son dernier opus, Refuges, sonnent la clarinette, le sax soprano, le bugle... les voix de la mélancolie. Le minimalisme n'est pas loin non plus car "en voulant trop habiller les choses, on retombe souvent dans l'académisme".
Académisme, le mauvais mot est lâché. Ses nombreux albums témoignent en effet d'une recherche permanente. "
J'ai horreur des banalités. Je fais tout pour les éviter quitte à me fourvoyer".
L'album, c'est un laboratoire de recherche mais en concert, tout est différent. Depuis une dizaine d'années, René Aubry se produit avec son septet dans toute l'Europe en proposant un florilège de trente ans de musique, en acoustique.
Ne restent plus que les mots. "
Ils traînent rarement dans quelques oeuvres. Je suis prudent. Je ne veux pas tout chanter, me livrer aussi facilement. Mais je vais trouver un jour la juste personne. Ce sera un bonne occasion de me fourvoyer."
Encore un qui a bien raison d'être curieux.

Pierre-Olivier Febvret

Repères

Origine. Naissance dans les Vosges en 1956, admirateur de Leonard Cohen, Philip Glass et Manos Hadjidakis.
Choc. Rencontre en 1978 avec la chorégraphe Carolyn Carlson. Il tombe amoureux de la danse et de la danseuse, devient son musicien attitré.
Fructueuse. Un collaboration qui dure depuis plus de trente ans donnera naissance à de nombreux spectacles parmi lesquels Blue Lady (1983), Steppe (1990) et Signes (1997) couronné par une Victoire de la Musique.
Icône. Il travaille avec l'immense chorégraphe Pina Baush entre 2004 et 2008.
En scène. Depuis 1999, il mène une carrière de concertiste et se produit avec son septet dans toute l'Europe.


Ouest France
8/05/2011

Musique du monde

Le nouveau René Aubry est dans la lignée des précédents. Ce créateur de climats, d'atmosphères, d'ambiances planantes et détendantes s'appuie sur les cordes (guitare, banjo, mandoline, boujouki, cuatro) pour écrire une musique pure et virginale, non dénuée de rythme et de fantaisie.
Un CD de René Aubry constitue toujours un antidote à la morosité. Celui-ci confirme la règle.

Mais pour apprécier à sa juste valeur l'oeuvre de cet artiste qui a d'abord écrit des musiques de ballets et de films, il faut aller à ses rares concerts.

Ce sont des instants priviliégiés de grâce et de beauté.

Jacques Hébert


Le nouveau disque de René Aubry est dans la lignée des précédents. Ce créateur de climats, d'atmosphères, d'ambiance planantes et détendantes s'appuie sur les cordes (guitare, banjo, mandoline, bouzouki, cuatro) pour écrire une musique pure et virginale, non dénuée de rythme et de fantaisie.

Un CD de René Aubry constitue toujours un antidote à la morosité. Celui-ci confirme la règle. Mais pour apprécier à sa juste valeur l'oeuvre de cet artiste qui a d'abord écrit des musiques de ballets et de films, il faut aller à ses rares concerts.

Ce sont des instants priviliégiés de grâce et de beauté.

L'Est Républicain
05/04/2011

Musiques - Créateur d'univers sonores pour la danse et le cinéma, le Vosgien René Aubry se laisse bercer depuis trente ans par ses rencontres. Dont Pina Bausch, icône de la danse magnifiée par Wenders

Une feuille dans le vent

QUEL EST le Français qui aurait pu fouler cette année le tapis rouge aux Oscars et à la Berlinale ? Un compositeur. Alexandre Desplat, le très demandé arrangeur de films hollywoodiens ? Non. C'est René Aubry, pour le dessin animé britannique "The Gruffalo" à Los Angeles et "Pina" à Berlin...
A cette brillante exposition, il préfère la pénombre de son studio, au milieu de ses guitares, bouzouki et autre banjo, là dans sa coquette maison "de campagne en ville", à Paris-Bagnolet.

Ce Vosgien n'hiberne pas. Il reste discret, et "solitaire, à la manière d'un peintre, d'un écrivain" parce que "la technologie permet ça aujourd'hui". Il n'aime rien tant que ses "Refuges" qui ont donné un titre à son dernier album, "plus grave, plus noir". Plus Requiem de Fauré que Beatles. "Il me faut du temps pour composer. Un rythme, une mélodie, ça part de façon horizontale sans savoir où ça va aller..."

A-t-il jamais su, depuis son enfance, où "il allait" d'ailleurs ? "Je suis comme une feuille dans le vent", trace celui qui se rêvait luthier ("pour travailler le bois") et qui, un jour, croisa les pas de la danseuse Carolyn Carlson. Ce fut une tempête et un (double) coup de foudre: artistique et sentimental. Il entra dans le milieu de la danse par la grande porte, et sur la pointe de ses guitares. "Je n'étais pas attiré par la danse. Quatre fois sur cinq, je m'em... et ces délires pseudo-intellectuels sur scène, je ne comprenais pas".

Artistiquement, son grand frère, son "maître à penser" de cinq ans son aîné, lui avait ouvert les yeux, et les tympans. René, "Vosgien les dix-huit premières années de (sa) vie, entre Bruyères et Gérardmer", passé par Épinal et Saint-Dié, était plutôt "le petit qui piquait des crises, celui qui voulait jouer avec les grands".

C'est surtout dans les années quatre-vingt-dix que croît sa réputation grâce aux spectacles de Philippe Genty et de Carolyn Carlson, même si, déplore-t-il, l'évolution de la danse confère "à la musique un rôle mineur". La télévision se met au diapason: générique de "Bas les masques" ou de...l'élection présidentielle de 1995. Il "fait des disques et les gens piochent dedans". Il se laisse tenter par le cinéma ("Malabar princess"), mais trouve le travail laborieux, frustrant. "Les réalisateurs ne sont pas très mélomanes à quelques exceptions près". Le pire pour un musicien serait presque de prôner le monde du silence à la façon d'un Cousteau. "J'aime les films de plus en plus silencieux, il ne faut pas que ça dégouline", appuie celui qui travaillerait volontiers avec Jacques Audiard. Le Mexicain Inarritu ("21 grammes") l'a montré magistralement avec Gustavo Santaolalla. Wim Wenders, qui utilise un morceau de René Aubry pour "Pina" s'inscrit aussi dans "cette économie de musiques". L'immense Pina Bausch avait fait appel )à Aubry pour trois de ses spectacles. Mieux que n'importe quelle récompense. "Cette icône n'a jamais été aussi populaire qu'un Béjart, mais c'était une grande dame. Sa disparition, quelques jours seulement après Michaël Jackson, est presque passée inaperçue..."

Depuis 1999, l'artiste multi-pistes se produit en concert avec son septet. "Grand frère" des Comelade et autre Tiersen, sans qu'il apprécie trop l'association, il admire Bashung ou Camille, "ne supporte pas" les Benabar-Delerm.

René Aubry est-il un héros trop discret, plus célèbré à l'étranger (Italie, Grèce, Allemagne) qu'en France ? "Médiatiquement, je suis presque inexistant, mais je vends encore "Steppes" très bien" L'espace est effectivement réduit quand "80% des Français aiment la chanson française". Le Vosgien ne cherchera pas la lumière à tout prix, mais déjà, cible-t-il en s'amusant, une lueur dans la nuit sur la ligne bleue des Vosges.

"J'ai toujours rêvé de jouer au théâtre du Peuple de Bussang. Il faudrait que le directeur artistique soit un peu fou pour me programmer..." Il suffirait d'un "Signes".

Xavier Frère


L'Yonne Républicaine - YonneMag
12/03/2011

Notre coup de coeur. Le compositeur publie son 17ème album

Aubry franchit le mur des sons

Tout nouvel album de René Aubry est un objet musical non identifié, une pause dans le fracas ambiant. Refuges est ainsi.
Le multi-instrumentiste vosgien trace sa route à des années-lumière des paillettes générées par le show-business. Son nom ne brille pas aux frontons, du moins en France, mais Aubry s'en moque : sa musique est dans toutes les têtes tant documentaristes et réalisateurs font appel à ses compositions.

On écoute autant qu'on regarde

Ses collaborations avec la chorégraphe Carolyn Carlson et avec le marionnettiste Philippe Genty lui ont ouvert des contrées qu'il ne cesse d'explorer. Deux chapitres de Refuges sont extraits de Boliloc, spectacle de Genty.
Ses admirateurs identifient sa patte dès la première écoute et pourtant ses albums sont tous singuliers. Ce cousinage avec des artistes maîtres dans l'art de créer des univers visuels engendre de curieux phénomènes : on écoute une composition de René Aubry autant qu'on la regarde. La palette des sons est si dense qu'elle génère, pour peu que l'on s'abandonne, de douces hallucinations. Et l'expérience est sans danger....
Ses admirateurs identifient la signature dès la première audition et pourtant ses albums sont tous singuliers.
Refuges, le 17ème album studio, ne déroge pas à cette culture de l'entrechat : c'est bien sûr un Aubry, "mais pas comme les autres". Le compositeur l'a ciselé "pour arrêter le temps et regarder le monde avec son coeur". Refuges est une invitation à explorer de nouveaux paysages sonores, à cheminer au grès des humeurs de l'artiste.

Les soubresauts du monde

Tantôt accroché aux soubresauts du monde, tantôt collés aux songes, les morceaux se déchiffrent comme une ligne de vie. Sans délaisser les sonorités contemporaines, le musicien a fait appel à des instruments chers à la world music et au jazz : oud, bouzok, contrebasse, clarinette.... Unis aux cordes de René Aubry, ils offrent des couleurs inhabituelles. La conclusion de ce moment de partage, une comptine, a la fraîcheur de l'enfance. Comme une dernière pirouette pour nous rappeler d'où nous venons.

Vincent Roussot


Le Nouvel Observateur
17-23/03/2011

Ovni

René Aubry : "Refuges"
Il appartient à la caste des inclassables, des musiciens "impurs". Partitions pour la danse (Carolyn Carlson, Pina Bausch), le théâtre, le cinéma, ou la télévision, René Aubry a écrit nombre de musiques qu'on qualifiera de "fonctionnelles", souvent très "visuelles".

Mais si ce CD comporte encore trois pièces liées à des commandes, on sent chez ce compositeur multi-instrumentiste (guitare, bouzouki, banjo, cuatro...) une envie nouvelle de dévoiler plus directement un univers intimiste où le temps est celui du rêve.

B.L.


L'Alsace - Le pays
01/04/2011

Ni "classique" (puisqu'il crée son propre répertoire), ni "comtemporain" (parce qu'il privilégie des mélodies accessibles, plus émouvantes que cérébrales), René Aubry est un compositeur à part.
Si ses "chansons sans paroles" ont été popularisées par des génériques télé, le Vosgien longtemps compagnon de la chorégraphe Carolyn Carlson, a surtout travaillé pour la danse, le théâtre et le cinéma. Dans des formes épurées mais toujours très expressives, on retrouve sur ce 17ème album les échos des musiques traditionnelles du monde entier, du jazz et du rock, la guitare électrique s'ajoutant cette fois aux banjo, bouzouki et mandolines jouées par le maître, ainsi qu'aux instruments de ses invités (oud, flugelhorn, clarinette..)

Dans leur étonnante variété, ces Refuges offrent à l'auditeur une bulle pour rêver et s'évader.

O. Br.


La Gazette Nord-Pas de Calais
22/03/2011

René Aubry en concert au théâtre de Béthune. Le 3 avril 2011.

Musiques pour des voyages imaginaires.

Multi instrumentiste, compositeur pour la danse, le théâtre et le cinéma, René Aubry est un créateur d'univers sonores inclassables.
Sa rencontre avec la danseuse et chorégraphe Carolyn Carlson en 1978 déterminera ses choix artistiques. Il devient ainsi son musicien attitré et, sous son inspiration, compose ses premières musiques de ballet. Une collaboration qui durera plus de trente ans donnera naissance à de nombreux spectacles parmi lesquels
Blue Lady (1983), Steppe (1990) ou Signes (1997), couronné par une Victoire de la Musique l'année suivante. Dans une discographie riche de seize albums, on retrouve naturellement les traces de ses collaborations avec la chorégraphe mais aussi avec le marionnettiste Philippe Genty, ses B.O. pour le cinéma ou encore ses explorations personnelles, allant de la musique acoustique la plus épurée à des oeuvres plus sombres et plus graves, résultats d'une alchimie mêlant instruments acoustiques et programmation informatique.
L'immense chorégraphe Pina Bausch y trouvera son bonheur pour accompagner trois de ses spectacles :
Ten Chi (2004), Vollmond (2006) et Sweet Mambo (2008).
Depuis 1999, il mène également une carrière de concertiste et se produit avec son septet dans toute l'europe en proposant un répertoire essentiellement acoustique.

Avec son nouvel album, Refuges, René Aubry a imaginé quatorze titres sous la forme de "musiques refuges pour arrêter le temps (...) et pour rêver". Entouré de six musiciens‐complices entremêlant cordes cuivres et percussions, cet artiste singulier dessinera ainsi des paysages sonores invitant au voyage et ouverts sur l'imaginaire.

Une sélection de Patrick Beaumont

Midi Libre
21/03/2011

Dans ses intentions, René Aubry est textuellement précis et compose donc pour nous "des musiques refuges, pour se protéger des musiques matraques". Mais rassurez-vous si vous prenez le train en marche et découvrez ce multi-instrumentiste accompli, souvent inspiré par les créations poétiques de Philippe Genty et la danse de sa bonne fée Carolyn Carlson (voire le cinéma quand il est dans ses très bons jours), son pacifisme n'est pas mou. Ses états d'âme ont une bonne colonne vertébrale et du répondant. On ne s'ennuie pas en compagnie de sa palette instrumentale qui décline depuis belle lurette maintenant de merveilleuses invitations au voyage. Pour des pays qu'on imagine sans matraque...

J.-F. B.


20 Minutes
14/02/2011

PHÉNOMÈNE
La musique instrumentale ne subit pas la crise.

SANS PAROLES, AVEC AUDACE
"J'aime ça parcequ'il y a plus de choses à écouter" explique le musicien René Aubry. "Ça", c'est la musique instrumentale, la musique sans paroles. Le multi-instrumentiste sort un sublime nouvel album, instrumental donc, Refuges. Ni classique, ni jazz, ni musiques du monde, mais un peu tout ça à la fois, la musique de René Aubry est inclassable et universelle. C'est là sa force et celle de plusieurs disques de musique sans paroles.

Universellement envoûtant.
"Il y a un argument poétique à l'universalité de notre musique, mais aussi un argument commercial : on est vendu dans tous les pays", explique stuart Braithwaite, guitariste du groupe rock instrumental Mogwai, qui sort un nouvel album Hardcore will Never Die, But You Will. De même, le pianiste et compositeur italien Ludovico Einaudi remplit ainsi sans peine le Royal Albert Hall de Londres (concert dont la captation est parue en album récemment) et le Grand Opéra de Francfort, entre autres salles européennes prestigieuses.

A l'instar de la musique classique, et bien qu'archi-minoritaire parmi la foule de sorties, la musique instrumentale résiste bien à la crise du disque. Sans doute parce que ses amateurs ne sont pas attirés par le téléchargement de quelques titres. "On n'écoute pas du Philip Glass comme on écoute le dernier tube en vogue, explique René Aubry, citant l'un des grands compositeurs contemporains. Moi, quand j'écoute de la musique, il me faut du temps et de l'espace, je n'écoute pas au casque et certainement pas à mon ordinateur."
En revanche, René Aubry compose à l'ordinateur. "
L'évolution des technologies a permis une inventitivité accrue. Là où il m'aurait fallu réunir un orchestre il y a cinquante ans, il me suffit de quelques clics aujourd'hui."

Des technos d'aujourd'hui pour un style intemporel.

Benjamin Chapon


Nice-Matin
27/03/2011

Ses musiques sont régulièrement pillées par le petit écran (séries, émissions, jingles...), mais il serait temps que René Aubry soit reconnu pour une oeuvre finement distillée depuis 1983.
Des cavalcades de
Steppe aux ambiances diaprées de La Révolte des enfants, le multi-instrumentiste invite à toquer à l'entrée d'un monde parallèle. Pas étonnant donc de le retrouver une nouvelle fois avec certains titres instrumentaux échappés d'un spectacle de la compagnie Philippe Genty.
"
Voici quatorze musiques refuges pour se protéger des musiques matraques", énonce l'artiste. En caressant son habituelle palette d'instruments réels et virtuels, il offre une oasis où il fait bon méditer.

L. A.


Le Télégramme
21/03/2011

Auteur de musiques de films, sculpteur de notes pour Philippe Genty et surtout orfèvre compositeur d'écrins lyriques pour des ballets de Carolyn Carlson ou Pina Bausch, René Aubry aime à revenir sur ses pas.

Visiteur de la marge et des interlignes de sa propre histoire, il répète sans bégayer. Infléchissant orchestrations, couleurs, atmosphères, il réenchante son monde et le nôtre par de subtiles variations d'émotions.

Doux, sensible et ouaté, "Refuges" est le sésame poétique parfait pour qui veut pénétrer le monde merveilleux, joyeusement mélancolique et d'un raffinement rare, de cet artiste à la signature immédiatement reconnaissable.

Jean-Luc Germain


Le Républicain Lorrain
20/02/2011

SOUS L'AUBRY
René Aubry livre un nouvel album inclassable.

"Des musiques refuges, pour se protéger des musiques matraques".
Bien à l'abri dans cette ambiance-là, on peut fermer les yeux. Prêt à bondir, car c'est une énergie organique et intelligente qui inspire René Aubry, l'enfant des Vosges venu au monde en 1956. Les musiques de Léonard Cohen et de Philip Glass ont traversé les sapinières pour rencontrer l'âme solaire de ce musicien autodidacte, touche-à-tout. En 1978 il rencontre la chorégraphe Carolyn Carlson. Tombe amoureux. Compose plus tard ses premières musiques de ballet. Pina Bausch s'y abreuvera pour trois de ses brillantes créations (Sweet Mambo). Le cinéma viendra manger dans ses partitions (Sous les bombes), la radio et la télévision aussi. Seize albums au compteur, des génériques, un livre disque; à talent protéiforme, production artistique inclassable.

La musique de René Aubry est une invitation à la vie, une fenêtre qui s'ouvre, des envies joyeuses d'exister, la gravité des choses aussi.

En quatorze pistes, la guitare électrique enlace le bouzouki, le bugle de Jun Miyake frissonne, les flûtes et les percusions se cherchent et se trouvent. Ils racontent "des gens fuyant sous les bombes larguées par un Etat qui baptise cyniquement "Pluie d'été" cette agression". Et la fraîcheur de l'enfance, éternelle, elle.

Angoisse, tension, résolution. Revoilà le soleil, qui traverse le froid des guerres et vient chatouiller les pieds des danseurs. Le disque reprend certaines musiques de ballets ou de films, entre autres compositions sensibles.

Un album délicieux, après lequel on se sent mieux qu'avant.

Catherine Belin


L'Union L'Ardennais
27/02/2011

Le 17ème album de René Aubry marque un retour de ce compositeur atypique et discret à plus d'électricité.
Dans les deux premiers morceaux (
Etreinte et Lied Guitare), le vosgien a retrouvé sa Danelectro Guitarlin.
Pour autant, ce dernier album reste sage. Sa couleur générale est plus introspective que festive, en tout cas moin rythmée que Play Time, l'opus précédent de 2008. Quand René Aubry prend sa guitare électrique, c'est pour caresser lentement les frets du manche, en séparant bien toutes les notes. Mais, finalement, il revient naturellement vers ses instruments fétiches - mandoline et bouzouki - ce qui produit une ambiance à la fois nostalgique et teintée d'un exotisme difficilement identifiable.
"
Des musiques refuges pour arrêter le temps et regarder le monde avec son coeur", dit René Aubry.
Parmi les quatorze titres, cinq proviennent des derniers spectacles de Pina Bausch, Philippe Genty et du film "
Sous les bombes" de Philippe Aractingi.


Fnac.com
02/2011

Les derniers Refuges de René Aubry : un voyage musical à travers les sons et les couleurs.

René Aubry nous offre ici son 17ème album studio et il a décidé pour ce nouvel opus d'explorer de nouvelles sonorités avec l'utilisation d'instruments plus communément utilisés dans la musique du monde et le jazz que dans la musique contemporaine. On retrouve, en effet, du oud, du bouzouki, des tablas, de la clarinette ou du flugelhorn mais aussi évidemment tous les instruments que René Aubry a l'habitude d'utiliser pour ses compositions comme les cordes, la guitare, le piano, les synthétiseurs ainsi que les percussions.

Et oui, Refuges est un album d'exploration musicale. En effet l'album s'ouvre sur deux morceaux Etreinte et Lied Guitare qui font la part belle aux guitares électriques, aux cordes et nous offrent un son très jazzy, ce qui est relativement atypique dans les compositions généralement proposées par René Aubry. Le tout se confirmant sur le morceau Le Tunnel avec des sonorités proches de la musique électronique, l'utilisation des nappes de synthé et d'une trompette au son très froid voire clinique font irrémédiablement penser aux compositions d'un certain Nils Petter Molvaer.

S'enchainent alors des titres faisant la part belle aux sonorités world musique comme sur le très beau Alice ou sur le morceau Rasta la Vista qui est une des compositions de l'album qui se rapproche le plus des oeuvres précédentes de René Aubry. Le titre Sous les Bombes avec sa ligne mélodique arabisante interprétée au oud nous rapproche de l'univers musical moyen-orient tandis que Pluie d'été nous emmènent vers des ambiances plus sombres, plus introspectives.

L'album se clôture enfin sur une chanson enfantine Anikouni avec une orchestration très orientale avec ses tablas et ses cordes, nous renvoyant immanquablement à nos souvenirs de jeunesse.

Bref Refuges est certainement l'album le plus iconoclaste de la longue discographie de René Aubry car il ne ressemble à aucun autre. Certain n'y verront qu'un patchwork de morceaux sans véritable unité, d'autres y verront plutôt une exploraiton de sonorités riches en couleur et en harmonies ouvrant la musique de René Aubry au répertoire du jazz et de la world musique.

Que l'on adore ou que l'on déteste, en tout cas, ce nouvel opus ne vous laissera pas indifférent.

Pour ma part, c'est un des albums les plus riches musicalement que René Aubry ait composé et qu'il serait dommage de passer à côté.

Laissez vous bercer par la magie de ces 14 titres riches en couleurs et en saveurs.


Dernières Nouvelles d'Alsace
Supplément du 12/02/2011

Multi instrumentiste et compositeur René Aubry a enregistré son premier album en 1983. Depuis, il sort un disque tous les deux trois ans. Musicien attitré de la danseuse Carolyn Carlson, il a signé pour elle la musique de plusieurs spectacles dont "Signes", "Blue Lady", "Steppe"... Il a également travaillé avec Pina Bausch (qui avait choisi trois de ses musiques pour accompagner des spectacles), avec le marionnestiste Philippe Genty. Enfin, René Aubry a composé plusieurs musiques de films.

Son nouvel album intitulé "Refuges", propose des morceaux issus de ses dernières collaborations notamment avec des chorégraphes; des extraits qui trouvent leur place à côté de compositions inédites qui invitent à l'introspection et au mystère.

"Etreintes" qui ouvre l'album donne le ton; "Rasta la vista" et "Sweet mambo" s'évadent vers des thèmes plus rapides et enrichissent l'univers d'un musicien qui ne manque pas de poésie.


Le Progrès
22/03/2011

Partenaire musical de la chorégraphe Carolyn Carlson, René Aubry est un musicien atypique, davantage connu hors, que dans l'hexagone.
Ses volutes de cordes, bercées par de multiples harmonies, charment immanquablement donnant envie de le suivre, telle la flûte et les enfants du fameux conte.
Un album idéal pour voyager sur son canapé.
Une musique savante, accessible à tous qui évoque le travail du britannique Viny Reilly.


La Voix du Nord
17/01/2011

Régulièrement, René Aubry nous envoie ses cartes postales sonores. Musiques de films, de ballets (pour Carolyn Carlson, Philippe Genty, Pina Bausch), chansons sans paroles au parfum de nostalgie san âge.
Voici donc Refuges, quatorze nouvelles compositions qui nous emmènent une fois de plus dans l'univers poétique, rêveur, bienveillant de René Aubry.
Des musiques "refuges" pour temps d'incertitudes où se mêlent acoustique, électronique et parfums orientalisants. Du grand art.


Le Populaire du Centre
16/01/2011

René Aubry est lui aussi un artiste inclassable. Compositeur pour la danse, ce multi-instrumentiste est d'abord un créateur sonore. Admirateur de Philip Glass et de Léonard Cohen, ce guitariste a illustré de ses notes en 1978 l'une des créations de Carolyn Carlson.
Il travaillera aussi avec Pina Bausch et Philippe Genty.
Toujours en quête de sons et de mélodies nouvelles, il refuse de croire que la gamme se limite à sept notes, huit si on revient au do. Alors il invente, triture, sculpte. Aucune de ses musiques ne se ressemblent. D'où les temps très longs qui séparent chacun de ses albums. Lorqu'il présente un disque, c'est qu'il a des choses à dire, à montrer, à faire écouter.
"Refuges" n'est donc pas un disque en plus de René Aubry. Il s'agit là d'une oeuvre aboutie, où l'artiste dessine avec les cordes de sa guitare électrique des tableaux. On y voit des gens courir et fuir les bombes, on y entend les bruits d'une pluie d'été, on y pressent aussi une étreinte. Pour l'éternité.

Jean François Julien


Témoignage Chrétien
3/02/2011

Songes mélodiques

René Aubry est un mélodiste plébiscité par les metteurs en scène de théâtre et les cinéastes pour sa capacité à créer des univers, suscité le rêve et le songe. Son dernier album, Refuges, ne fait pas exception. René Aubry fait à nouveau la démonstration de sa maîtrise de la guitare et de la composition.
Comme à son habitude, il propose des morceaux très courts, quatorze au total, d'une fluidité et d'une sérénité remarquables.


La Marseillaise
23/01/2011

Chorégraphique signé Aubry

On ne se doute pas à quel point, quand on vit loin du milieu de la danse qu'on nomme communément "contemporaine" dans les studios qui fleurissent un peu partout, on attend nerveusement les galettes précieuses que concocte René Aubry.
C'est que ce musicien a le don de tracer dans l'espace sonore des touches minimalistes, dont la facture reste toujours très soignée, qui suscitent promptement l'imaginaire des chorégraphes.
Combien de "tubes" issus d'Invité sur la terre, Seuls au monde, Projection privée (avec la musique du film Malabar Princess), Mémoires du futur, Play Time, a-t-on entendus ci ou là dans divers spectacles.
Avec Refuges, on retrouve les guitares prisées par l'artiste, ses univers doucement planants à l'exotisme pastel...


Vosges Matin
30/01/2011

Un nouvel album de René Aubry

Le compositeur vosgien, René Aubry vient de sortir son 17e album "Refuges" : 14 musiques "pour arrêter le temps et regarder le monde avec le coeur" explique René Aubry qui propose dans ce nouveau titre quelques extraits des partitions de Boliloc, du spectacle de Philippe Genty, (Alice et Refuges), du film "Sous les bombes" de Philippe Aractingi (Sous les bombes et Pluie d'été) et de Sweet Mambo de Pina Bausch.
Cet album acoustique, comme toujours inclassable, est dans la lignée des précédents : propice au rêve.
Connu pour sa collaboration avec Philippe Genty (Dérives, Ne m'oublie pas) et, surtout, avec Carolyn Carlson pour laquelle il composa notamment les musiques de Blue Lady, Steppe et Signes, couronné par une "Victoire de la musique" en 1998, René Aubry vient également de réaliser un titre pour "Dance, danse", le dernier film en 3 D de Wim Wenders qui sera présenté au prochain festival de Berlin, à la mi-février.


Liberté Hebdo
4/02/2011

René Aubry : Rêver la musique

Refuges est le 17ème album de René Aubry. Faisons confiance à la presse audiovisuelle et écrite, ce ne sera pas un évènement : la place est réservée à la musique matraque. Et pourtant, Refuges est un disque sur lequel il faut s'arrêter, un disque qu'il faut écouter soigneusement tant il offre à nos oreilles saturées un son inouï.

La musique de René Aubry a la beauté d'une épure : pas une note de trop, pas un rapport manqué. La ligne mélodique est sans défaut et l'on ne peut s'empêcher de penser à ces vers de Baudelaire :"Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris; / J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes; / Je hais le mouvement qui déplaces les lignes; / Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris". Le paradoxe, c'est que la musique s'écoule, contrairement à la Beauté chantée par le poète dont les lignes sont immuables.
Si ce disque est une compilation (deux musiques extraites du spectacle du marionnettiste Philippe Genty avec qui René Aubry travaille depuis 1989, deux morceaux faisant partie de la bande son du film de Philippe Aractingui,
Sous les bombes, et un qui a donné son titre à un spectacle de la chorégraphe Pina Bausch), il reste cependant un travail personnel tant il est homogène et révélateur de l'approche de René Aubry de l'univers sonore. Ce disque est traversé par une mélancolie sombre trouée d'éclats sonores. Et surtout, il est la preuve que si René Aubry est un compositeur indépendant, libre absolument dans l'écriture de ses mélodies, il sait se faire l'écho du vacarme du monde : les deux morceaux du film "Sous les bombes" disent avec la plus grande précision les souffrances d'un peuple privé de tout par un état qui se conduit de façon impérialiste au nom de sa sécurité, quitte à réduire à moins que rien un peuple qui aspire à sa dignité, à sa liberté et son identité.

René Aubry se sert, comme à son habitude, d'instruments d'origines et d'époques différentes : s'il utilise volontiers la guitare électrique, d'autres instruments, plus exotiques apparaissent, des classiques comme la mandoline, la flûte, la contrebasse ou d'autres, plus éloignés de notre culture musicale comme le bouzouki (d'origine grecque, c'est une sorte de luth à manche long fretté), l'oud (sorte de luth à manche court répandu dans les pays arabes, à cordes pincées) ou le bouzok (proche du luth) et quelques autres. Le mélange, à géométrie variable, est harmonieux : l'alchimie encore une fois, secrète un philtre envoûtant.
On comprend alors comment René Aubry définit ces morceaux ici rassemblés comme "
des musiques refuges, pour rêver", même s'il n'oublie pas le monde actuel dans ce qu'il a de plus horrible (Sous les bombes, Pluie d'été....), il dénonce alors, sans grandiloquence, et sa musique (est-ce dû aux instruments traditionnels de l'Orient) est alors comme un baume. Car René Aubry raconte des histoires ancrées dans le réel avec ses musiques, il raconte ici les gens qui fuient sous les bombes et l'on sent l'enpathie, la sympathie qu'il éprouve pour ce peuple martyr..

Et il le dit clairement : "Des états d'âme à partager. Une étreinte pour l'éternité". Non, la musique n'est pas un simple passe-temps, un simple divertissement. Celle de René Aubry ouvre sur des univers autres.

Lucien Wasselin


La République du Centre
04/02/2011

Refuges est le dix-septième disque de ce compositeur, surtout connu pour sa collaboration avec les chorégraphes Carolyn Carlson (dont Signes, couronné par une Victoire de la musique en 1998) et Pina Bausch.

René Aubry, musicien autodidacte qui compose aussi pour le théâtre et le cinéma, crée des musiques planantes, reposantes et lénifiantes, propices au rêve.
Refuges en est un nouvel exemple : 14 extraits des partitions de Boliloc, spectacle de Philippe Genty, (Alice et Refuges), du flm Sous les bombes de Philippe Aractingi (Sous les bombes et Pluie d'été) et de Sweet Mambo de Pina Bausch.

Des musiques à utiliser comme des refuges.


L'Est Républicain
Supplément "Est Magazine"
06/02/2011

Les musiques refuges de René Aubry

"Des musiques refuges pour se protéger des musiques matraques."
On sait depuis les années 80 que René Aubry s'est forgé son propre univers, bien loin des codes musicaux en vigueur. Cette originalité, ce "libre parcours" a conduit ce natif de Remiremont à habiller les spectacles de Carolyn Carlson, la rencontre déterminante pour sa carrière. A travailler aussi pour le marionnettiste Philippe Genty ou au milieu des années 2000 pour l'immense chorégraphe Pina Bausch. Ce créateur éminemment solitaire mène parallèlement, depuis 1999, une carrière de concertiste et se produit avec son septet dans toute l'Europe.
De toutes ses explorations personnelles sont sortis une quinzaine d'albums.

Le dernier, "Refuges", est un disque "pour arrêter le temps et regarder le monde avec son coeur", décrit René Aubry.
En 14 titres, le multi-instrumentiste (guitares, banjo, bouzouki, mandolines...), admirateur de Leonard Cohen, Philip Glass et Manos Hadjidakis, et grand-frère d'armes d'un Yann Tiersen ou d'un Pascal Comelade, reste au sommet de son grand art.
A l'écoute de "Sous les bombes", "Sous le regard du ciel", ou "Pluie d'été", on a tous envie d'être un "réfugié".

Xavier Frère


La Dépêche du Midi
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4/04/2011

Beaux voyages en jazz

........ / Les envies d'ailleurs se conjuguent aussi parfaitement avec l'univers de René Aubry. Le multi-instrumentiste a beaucoup travaillé pour la danse, de Carolyn Carlson à Pina Bausch.
Dans "Refuges", il multiplie les échappées lyriques, mélangeant les influences pour mieux nous envoûter. Formidable travail, solaire et tendre, aux airs de bande originale de film particulièrement inspirée.

J.-M. L.S.

René Aubry, biographie

"Refuges", extrait musicaux

René Aubry en concert

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