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DE LA MUSIQUE
Novembre 2003
ROCK
René AUBRY
"Seuls au Monde"
On a toujours célébré le caractère funambulesque de la musique d'Aubry. Probablement parce qu'on l'a vu s'animer dans les corps de belles danseuses, dans le geste souple d'un équilibriste, dans l'évocation tendre d'une marionnette.
Seuls au monde porte une intensité dramatique plus proche de ses musiques pour le cinéma et révèle un contraste tragique, moins apollinien que par le passé. Rien d'étonnant quand on est un artiste sensible au monde extérieur (et l'ambiance de guerre et d'opression planétaire pèse, insconsciemment). Nous sommes seuls au monde. Mais aussi uniques au monde. Et c'est une joie indescriptible lorsqu'un nouvel être "unique" arrive au monde. Ces nouvelles compositions d'Aubry - Péril, S.O.S., Voleurs de Bagdad, Sanglot mais aussi Premiers pas, Chaloupée, Lonely Planet - destinées au nouveau spectacle du génial marionnettiste Philippe Genty Ligne de Fuite - actuellement au Palais de Chaillot - ont été composées entre d'atroces nouvelles de mort et d'heureuses promesses de vie. La luminosité habituelle de la présentation visuelle (toujours une illustration de Roberto Mattoti) change aussi pour une image qui évoque la profondeur de l'origine de la vie (et aussi sa culmination). Aubry enregistre, programme et mixe dans son home studio, joue presque tous les instruments ; mais invite aussi son fils guitariste (Aleksi), le contrebassiste Giovanni Pietro Cremonini et le violoniste Jean-Marc Ladet. Seul point faible, peut-être, les programmations de percussions nous semblent rythmiquement moins riches que ce que l'on pouvait attendre eu égard à la densité de l'ensemble. Mais à Chaillot, l'effet est différent.


09/08/2003
Sélection disques jazz et rock,
par sylvain Siclier
RENÉ AUBRY
"Seuls au monde"
Dans son précédent album, Invités sur la Terre (Le Monde du 17 novembre 2001), René Aubry avait inscrit au disque, par des mélodies lumineuses, le plaisir trouvé à travailler en groupe. Seuls au monde, sous une pochette à dominante sombre, ramène le chanteur vers un travail plus solitaire, qui a longtemps été sa marque. Pour autant, il ne s'agit pas d'un cheminement à rebrousse-temps dans une expression introspective. Aubry s'aventure dans des sons électriques tranchants ou aborde des cycles rythmiques tout en puissance qu'on lui connaissait peu. Là où les manipulateurs des machines de la techno se seraient souvent contentés d'une assise dansante, Aubry amène des incidents musicaux, des dérives vers le répétitivisme de certaines musiques sacrées orientales, insère des instruments acoustiques (mandoline, piano, accordéon...) dans les programmations des machines. Ce qui nécessite, pour prendre corps et densité, un talent d'équilibriste et d'orfèvre dans l'écriture. Déroutant au premier abord, Seuls au monde impose ses qualités peu à peu. De nos jours, ce choix de ne pas jouer l'évidence est un luxe artistique.
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L'UNION & L'ARDENNAIS
09/11/2003
LE DISQUE DE LA SEMAINE:
"Seuls au monde" par René Aubry
Avec le dernier album de René Aubry, les aficionados de la marionnette, et particulièrement de l'un de ses grands maîtres Philippe Genty pourront prolonger le plaisir qu'ils ont peut-être eu en allant voir Ligne de fuite. La dernière création du plus célèbre des maronnettistes français fut l'un des temps forts du 13ème Festival mondial des marionnettes de Charleville-Mézières en septembre dernier.
L'album Seuls au monde est presque entièrement consacré à la musique lente et contemplative que René Aubry a composée pour ce spectacle. C'est sa troisième collaboration avec Philipppe Genty.
Celui-ci qui disait vouloir 'témoigner des conflits intérieurs de l'homme face à ses conflits avec l'extérieur" trouve un parfait écho sur les plages désertes de Seuls au monde. Avec ce douzième album, René Aubry est revenu à une musique mélancolique mais étonnamment apaisante et que l'ont sent patiemment élaborée dans la quiétude d'un studio solitaire.
Le compositeur est presque à tous les pupitres: la programmation qui reste prépondérante et donne le cachet "électro' de l'ensemble de l'orpus, mais aussi les guitares, le bouzouki, les mandolines, le cymbalum et l'harmonica, qui apportent des touches acoustiques et ethniques.
Dans 12 Septembre, le climat musical est d'un calme.....mortel. Dans Chaloupée, on revient sans trop y croire sur les bords de la Méditerranée dans un curieux Sirtaki au ralenti. Difficile de ne pas régler inconsciemment les battements de son coeur sur ceux de la boîte à rythme de Péril ou de ne pas succomber à la mélancolie que suggère Sanglot, construit comme un tango stylisé. Les Voleurs de Bagdad inquiète, La marée était en noir alerte, Paris-Madras élève une lancinante plainte qui permet à René Aubry d'hallucinantes vocalises, etc.
Bref, la couleur générale de l'album est noire (comme la pochette), mais on en redemande.

OUEST FRANCE
5/10/2003
René Aubry : Seuls au monde
De René Aubry, les aficionados connaissent notamment les musiques qu'il composa pour la chorégraphie Carolyn Carlson (Steppes, Signes) ou le marionnettiste Philippe Genty (Dérives, Ne m'oublie pas).
Dans son douzième opus, Seuls au monde, il renoue avec l'univers de Genty, dont le nouveau spectacle est présenté jusqu'au 31 octobre, à Paris, au Théâtre National de Chaillot. Et il le prolonge par quelques autres compositions mélancoliques et poignantes. Multi-instrumentiste hypersensible, René Aubry va l'amble aux frontières sonores de paysages qu'on dessine presque à l'écoute de ses imparables mélodies. Un voyage intérieur à coeur serré, cette fois, tant le monde lui pèse. Mais un voyage avec espoir malgré tout, entre ruissellements acoustiques et griffures électriques.
A la fois évident et complexe, subtil et richement orné, grave et doux, un bel album lumineux et aérien.

ROLLINGSTONE
Septembre 2003
La mélancolie virtuose de René Aubry arracherait des larmes aux arbres les plus calcinés. Parfaite bande-son de cet été de canicule, les musiques composées (en partie) pour le marionnettiste Philippe Genty évoquent des "Paris -Madras", le bouzouki de Zorba, les "voleurs de Bagdad", des voyages en solitaire à deux pas du hamac.
Seuls au monde est un disque inspirant et apaisant.

L'ETUDIANT
OCTOBRE 2003
RENÉ AUBRY
Dans la famille des créateurs contemporains et expérimentaux, à la croisée des chemins entre le classique et les musiques du monde, rené Aubry s'impose aujourd'hui par la densité de son oeuvre. Sa musique unique est à découvrir impérativement au théâtre de Chaillot, à l'occasion du dernier spectacle de Philippe Genty, Ligne de fuite, du 4 au 31 octobre.

MIDI LIBRE
11/09/2003
SEULS AU MONDE
RENÉ AUBRY
Compositeur parmi les plus célèbres et les plus discrets de l'hexagone (quinze ans de carrière dont 10 enfermés dans sa maison-studio), rené Aubry vient de signer un album où la beauté des tourments peut prendre des allures d'espoir. Entre électrique et acoustique, électronique et instrumenté, entre tradition et modernité, la musique ne vise rien d'autre que d'exprimer son état d'esprit du moment. Simples et savants à la fois, les quatorze titres de l'album sont le fruit des retrouvailles entre René Aubry et Philippe Genty pour qui il signe la plus grande partie des musiques de son dernier spectacle.

LE COURRIER DE L'OUEST
17/08/2003"
"Seuls au monde", la réflexion instrumentale de René Aubry sur l'état du monde
A l'instar de wim Mertens ou du Balanescu Quartet, le compositeur René Aubry ignore les préjugés envers les idiomes vulgaires que seraient le rock ou le folklore. Avec "seuls au monde", aux préoccupations écologiques et humanistes marquées, il a réalisé un album audacieux aux carrefours du rock et du folk....
René Aubry est le collaborateur par excellence de la chorégraphe Carolyn Carlson et du metteur en scène Philippe Genty (à qui cet album est dédié). Depuis le début des années 80, il a multiplié les aventures et les investigations musicales, s'éloignant du format de la composition classique pour mieux adhérer à celui de la mise en son de spectacles visuels novateurs.
C'est ainsi que certaines plages de "Seuls au monde" illustrent "Ligne de fuite" (toujours Philippe Genty). Si René Aubry a une prédilection pour les instruments à cordes (guitares, bouzouki, mandolines), il utilise un spectre instrumental et technologique élargi. Chaque plage tire avantage de couleurs sonores acoustiques, électroniques et électriques utilisées avec délicatesse et circonspection. Cette association élégante est mise au service de mélodies sophistiquées et accessibles....
Conceptuel sombre et homogène..
"Seuls au monde" pourrait être l'hommage de René Aubry au patrimoine musical de l'humanité. C'est ainsi que ses compositions sont largement inspirées par divers idiomes folkloriques orientaux et latins.
La parole ou le chant humain sont absents (à l'exception de "Voleurs de Bagdad"), mais les titres ont vocation de stimuler l'imagination de l'auditeur, sollicité qu'il est d'illustrer lui-même les mini-drames sonores que sont "12 septembre", réalisé pour le film "A bout de course" ou encore "La marée était en noir", allégorie explicite de catastrophes écologiques récurrentes.
L'album s'articule donc sur une évocation multiple et détaillée de la nature duelle de l'homme. Simultanément capable d'édifier une esthétique séculaire et durable de sa civilisation et de la sacrifier dans un mouvement inverse. "Seuls au monde" est donc, au-delà d'un disque aux plages magnifiques, une réflexion philosophique et un état des lieux de la planète Terre....
R.G.

La TRIBUNE DE LA RÉGION MINIÈRE
25/06/2003
Seuls au monde mais avec les autres
voilà en une époque où tout est clinquant un disque sobre et honnête (comme on disait jadis d'un homme qu'il était un honnête homme): rondelle noire sans vaines décorations, pochette noire laissant discrètement apparaître un graphisme bleu sombre ou beige/mordoré ainsi que les nécessaires éléments d'information (titres, durée, musiciens... ) en bleu/gris discret. On aura compris que l'ambiance est sombre. René AUBRY est un musicien discret; "Seuls au monde", son dernier enregistrement, est le reflet d'une époque sinistre et incertaine: l'impérialisme ambiant, la domination sans partage de la finance, l'étouffement des libertés et les réactions terroristes n'incitent pas à l'euphorie. Un nouvel avenir reste à inventer.
L'ordre qu'on nous reserve (ou qu'on veut nous imposer) est insupportable. Je ne sais si René AUBRY partage mon analyse mais sa musique me semble être le reflet d'un esprit sombre et mélancolique en ces temps troubles et inquiétants. Je pense, en l'écoutant, à ARAGON qui écrivait ces vers au début des années 40: "Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui fait le délicat / Fou qui songe à ses querelles "...Oui, les blés sont aujourd'hui sous la grêle et René AUBRY n'ignore pas l'état de guerre permanent qui pèse sur le monde depuis une dizaine d'années... Il en témoigne à sa façon, par sa musique qui est une lecture distanciée des évènements et une prise de position esthétique destinée à toucher notre sensibilité. Pas de discours idéologiques et son jeu partage nos inquiétudes devant l'état du monde.
Si les musiques de ce disque ont été en partie composées pour le spectacle "Ligne de fuite" du marionnettiste Philippe GENTY (avec lequel AUBRY collabore depuis 1986), elles n'en restent pas moins d'une totale liberté et peuvent s'écouter indépendamment du spectacle. Les amateurs habitués à la musique de René AUBRY reconnaîtront son écriture, son style fait de ruptures, de sauts dialectiques, voire d'espiègleries... Mais le dialogue entre le rythme et les cordes se fait à l'occasion, lourd, à l'image des menaces du temps. La mélodie est sans concessions, implacable: elle ne veut pas séduire, elle s'impose. Le son sait être déchirant, on reste dans les graves, il joue savamment des ruptures tout en restant dans un registre populaire. Cacophonie des machines (guerrières?), stridences, échos des catastrophes de ce monde sont là...Comme à son habitude, René AUBRY mêle musique savante et musique populaire, électrique et acoustique. Il opère sa synthèse pour mieux rendre compte du moment; mais sa musique est porteuse d'espoir car l'homme reste capable de résister, de dire NON: c'est la signification profonde du geste musical de René AUBRY.

L'ECHO DE LA HAUTE VIENNE
31/05/2003
RENÉ AUBRY
"SEULS AU MONDE"
...... Seuls au monde est une sorte de requiem des temps modernes. L'atmosphère est plutôt sombre et mélancolique. s'y échappent à la fois de la poésie et du mysticisme,...."LE BERRY RÉPUBLICAIN
21/05/2003".... RENÉ AUBRY a choisi de ne pas choisir ou plutôt de tout mélanger pour exprimer ce qui le taraude au plus profond. Sombre et mélancolique, parfois flamboyant, incertain ou évident, cet album est à la musique d'aujourd'hui ce que roncevaux est à la légende..

MARSEILLE PLUS
28/05/2003
Fort D'un succès non démenti et d'une victoire de la musique avec l'album "signes' en 1997, René Aubry cherche sans cesser à innover. Mélangeant classique, acoustique et électronique, "Seuls au monde", est, certes , un album dombre, mais il n'en reste pas moins une superbe interprétation du monde d'Aubry, "Le plus populaires des compositeurs anonymes'.

LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
25/06/2003
.... Mêlant électrique et acoustique, René Aubry offre un album quelque peu plus grave qu'à l'ordinaire, un rien mélancolique, mais le plaisir est toujours le même. Celui d'une musique qui vous transporte comme dans un rêve, où guitares, mandolines et bouzoukis ont les battements du coeur et la beauté de l'âme".LE MAINE Libre
13/07/2003".......Il s'agit d'une production magnifique, un rien décalée et magique, parceque située au confluent de plusieurs influences. Plusieurs titres font référence au 11 Septembre, à Bagdad, aux drames en cours sur la planète. rené Aubry, l'autodidacte de la guitare, du Oud, de la mandoline, de la composition, parfois du chant, marie ici les thèmes sensuels et un rien répétitifs de sa marque à l'univers totalement neuf et métissé d'influences rock et....... indiennes de son fils..."

Le TÉLÉGRAMME
23/07/2003
Chaque nouvel album de René Aubry est un évènement. Comme une pause dans le tapage, un morceau de poésie arraché au chaos, une promesse d'ailleurs. Certains de ses arrangements, pour Carolyn Carlson notamment, sont des disques cultes.
Inspiré, et désespéré, par la tragédie du 11 septembre, il a composé pour le metteur en scène Philippe Genty une oeuvre sombre et lancinante. Derrière le voile d'une profonde mélancolie, brillent néammoins mélodies envoûtantes et sons cristallns qui sont sa marque.

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